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16 janvier 2010 6 16 /01 /janvier /2010 12:54

Introduction générale à un cours en Miracles


Voici les deux premiers chapitres de "L'introduction générale à Un Cours en Miracles" rédigé par Kenneth Wapnick.
Bonne lecture!

 

 

     Introduction Générale

à

UN COURS EN MIRACLES


KENNETH WAPNICK, Ph.D.       Foundation for A Course in Miracles



TABLE DES MATIERES


 

 

 

CHAPITRE 1

L’ORIGINE D’UN COURS EN MIRACLES. 2

 

 

CHAPITRE 2

L’ETAT D’ESPRIT-UN : LE MONDE DU CIEL. 8

 

 

CHAPITRE 3

L’ETAT D’ESPRIT FAUX: 12

Le péché, la culpabilité et la peur 12

Le déni et la projection. 14

Le cycle attaque-défense. 16

Les relations spéciales. 17

 

 

CHAPITRE 4

L’ETAT D’ESPRIT JUSTE: 21

Colère—pardon. 21

La signification des miracles. 29

 

 

CHAPITRE 5

JESUS: LE BUT DE SA VIE. 33

 

 

APPENDICE

 

Glossaire. 36

La Fondation d'Un Cours en Miracles. 42

 


 

Chapitre 1


L’ORIGINE D’UN COURS EN MIRACLES


Il est intéressant de constater que toute la genèse d’Un Cours en Miracles ainsi que la façon dont il fut écrit sous la dictée illustrent parfaitement les principes fondamentaux du Cours. Le message principal du Cours est que le salut vient au moment précis où deux personnes s’unissent pour partager un intérêt commun ou poursuivre un but commun. Il s’agit là et il s’agira toujours d’un aspect du pardon; nous en parlerons un peu plus tard.

Les deux personnes qui sont à l’origine d’Un Cours en Miracles sont Helen Schucman, décédée en février 1981, et William Thetford (décédé en 1988). Ils étaient tous deux psychologues au cen­tre médical de l’Université Columbia (New York). Bill (Diminutif de William en anglais) y était entré le premier en 1958 et occupait le poste de directeur du département de Psychologie. Helen l’y rejoignit quelques mois plus tard. Leurs rapports personnels furent très difficiles pendant les sept premières années. Ils avaient des personnali­tés tout à fait opposées. Ils s’entendaient bien sur le plan du travail mais sur le plan personnel leurs rapports étaient rem­plis de tension et d’ambivalence. Ils avaient des relations dif­ficiles non seulement l’un avec l’autre mais aussi avec les autres membres de la faculté, avec les autres départements du centre médical et avec les autres centres médicaux qui tra­vaillaient en d’autres disciplines. Cela est typique de l’atmos­phère d’une grande université ou d’un centre médical et celui-là n’était pas différent des autres.

Un beau jour de printemps 1965 les choses changèrent pour toujours. Helen et Bill se préparaient à aller à une des réunions régulières de travail interdisciplinaire au centre médical de Cornell, de l’autre côté de la ville. En général ces réunions étaient fort désagréables et suscitaient des rivalités et des médisances, ce qui, encore une fois, est chose courante dans un cadre universitaire. Helen et Bill y allaient eux-mêmes de leurs critiques et de leurs jugements sur les autres. Mais ce jour-là, juste avant de partir pour la réunion, Bill, qui était un homme plutôt modeste et tranquille, agit d’une façon assez extraordinaire pour lui. Il fit à Helen un discours pas­sionné, disant qu’à son avis il devait y avoir une meilleure façon d’aborder ces réunions et les sortes de problèmes qui s’y présentaient. Il pensait qu’il devrait y avoir plus de tolérance et de bienveillance à l’égard du voisin et moins de criti­ques et de compétition.

Tout aussi inattendue et inhabituelle fut la réponse d’Helen; elle dit qu’elle était d’accord avec lui et qu’elle s’engageait à l’aider à trouver cette autre façon. Il n’y avait rien de plus étrange que cette entente soudaine entre deux personnes qui avaient plutôt tendance à se montrer critiques et assez peu tolérantes l’une à l’égard de l’autre. Cette com­munion constitue un exemple de l’instant saint dont parle le Cours et, comme je l’ai dit au début, c’est par l’instant saint que se fait le salut.

A un niveau dont ils n’étaient conscients ni l’un ni l’autre, cet instant fut le signal qui déclencha pour Helen toute une série d’expériences à l’état de veille comme pendant le som­meil. J’en citerai quelques-unes qui sont de nature très forte­ment psychique et aussi très fortement religieuse car le personnage de Jésus commença à apparaître de plus en plus régulièrement. Ce qui rendait la situation encore plus surpre­nante était l’attitude d’Helen à cette époque de sa vie. Helen, qui avait alors une cinquantaine d’années, avait adopté le rôle de la militante athée, déguisant ainsi de façon subtile sa ran­cune profonde envers un Dieu qui avait failli à tous ses devoirs. C’est pourquoi elle se montrait fort agressive envers tout mode de penser qu’elle jugeait vague ou ambigu, qu’on ne pouvait ni étudier, ni mesurer, ni évaluer. Très compétente dans la recherche psychologique, elle était douée d’un esprit vif, analytique et logique qui ne tolérait aucune autre façon de penser.

Depuis son enfance Helen avait une sorte de pouvoir psy­chique qui lui faisait voir des choses qui n’étaient pas présen­tes. Elle n’y avait jamais vraiment prêté attention, pensant que tout le monde était comme elle. Très jeune elle avait eu une ou deux expériences mystiques singulières auxquelles elle n’avait jamais fait attention non plus. Elle n’en n’avait d’ailleurs jamais fait mention jusque là. Il lui parut donc sur­prenant d’avoir soudain toutes ces expériences qui l’effrayaient beaucoup: une partie d’elle-même craignait de devenir folle. Ces choses-là n’étaient pas normales et si Bill n’avait pas été là pour la soutenir et l’encourager, je pense qu’elle aurait arrêté tout le processus.

Il faut reconnaître l’importance de l’aide qu’apporta Bill et de son union constante avec Helen; sans celles-ci il n’y aurait pas eu l’enregistrement d’Un Cours en Miracles. C’est un autre exemple du principe fondamental du Cours, exprimé de différentes façons maintes et maintes fois: « Le salut est une entreprise de collaboration » (T-4.VI.8:2), « On entre dans l’arche deux par deux » (T-20.IV.6:5), « On ne peut entrer au Ciel tout seul » (L-pI.134.17:7), et « ensemble ou pas du tout » (T- I 9.IV-D.12:8). Si ce n’était pas pour l’union d’Helen et de Bill en cette entreprise, il n’y aurait pas de Cours, et nous ne serions pas rassemblés ici pour en parler.

Pendant l’été Helen eut toute une série d’expériences, presque comme un feuilleton. Elles lui arrivaient en segments différents pendant l’état de veille: ce n’était pas un état de rêve. La série commença par l’épisode où, marchant sur une plage déserte, elle trouva un bateau échoué sur le sable. Elle reconnut que c’était à elle de remettre le bateau à l’eau. Elle n’avait cependant aucun moyen de le faire car le bateau était trop profondément ensablé. A ce moment-là apparut un étran­ger qui lui offrit son aide. Au fond du bateau Helen découvrit ce qu’elle décrivit comme un appareil émetteur-récepteur. Elle dit à l’étranger: « Peut-être que cela nous aidera. » Mais il répondit: » Tu n’es pas encore prête pour cela. N’y touche pas. » Cependant il remit le bateau à l’eau. Chaque fois qu’il survenait des tempêtes et des difficultés, l’étranger apparais­sait pour l’aider. Au bout d’un certain temps elle s’aperçut que cet homme était Jésus, bien qu’il ne ressemblât en rien à l’image qu’on se fait de lui. Il était toujours là pour l’aider quand les choses étaient difficiles.

Finalement, dans la dernière scène de ce feuilleton, le bateau atteignit sa destination qui paraissait être un canal calme, paisible et parfait. A l’arrière du bateau il y avait une canne à pêche dont la ligne était attachée à un coffre à trésor, au fond de la mer. Helen fut remplie d’enthousiasme à la vue du coffre à trésor car à cette époque-là elle adorait les bijoux et les jolies choses. Elle était impatiente de savoir ce qu’il contenait. Elle le souleva et, l’ouvrant, fut très déçue de n’y voir qu’un grand livre noir sans rien d’autre. Sur l’arête du livre était écrit le nom d’Esculape, le dieu grec de la guérison. Helen ne reconnut pas le nom à ce moment-là. Ce ne fut que bien des années plus tard, une fois que le Cours fut finale­ment dactylographié et mis dans des classeurs de thèse noirs, qu’elle-même et Bill se rendirent compte qu’il ressemblait tout à fait au livre trouvé dans le coffre à trésor. Elle vit à nouveau le même coffre à trésor, cette fois-ci entouré d’un collier de perles. Quelques jours plus tard elle eut un rêve dans lequel une cigogne volait au-dessus de villages, portant dans un lange un livre noir marqué d’une croix dorée. Une voix lui dit: « Voilà ton livre. » (Ceci se passa avant la parution du livre.)

Il y eut une autre expérience très intéressante où Helen se vit entrer dans une grotte. C’était une grotte très ancienne; sur le sol gisait un rouleau de parchemin enroulé autour de deux baguettes et qui ressemblait à la Torah (la Torah est la pre­mière partie de l’Ancien Testament). Il était très ancien. En fait la petite ficelle qui le liait tomba et se désintégra lorsque Helen le ramassa. Elle regarda le parchemin et le déroula. Sur la partie centrale étaient inscrits les mots « DIEU EST. » Elle trouva cela très bien. Elle le déroula un peu plus: à gauche il y avait un panneau vide et à droite un panneau vide. Une voix lui dit: « Si tu regardes du côté gauche, tu pourras lire tout ce qui est arrivé dans le passé; si tu regardes du côté droit, tu pourras voir tout ce qui arrivera dans le futur. » Mais elle répondit: « Non, cela ne m’intéresse pas. Tout ce que je veux est le panneau central. »

Helen enroula le parchemin de façon à ne voir que les mots « DIEU EST. » Alors la voix lui dit: « Merci. Cette fois tu y es arrivée. » Elle reconnut qu’elle avait passé avec succès une sorte d’épreuve à laquelle elle n’avait pu réussir aupara­vant. Ce que cela signifiait réellement, c’est qu’elle avait exprimé le désir de ne pas abuser du talent qu’elle avait; autrement dit, de ne pas s’en servir comme d’une sorte de pouvoir ou de curiosité. La seule chose qu’elle cherchait vrai­ment était le présent où se trouve Dieu.

Dans une des leçons du livre d’exercices, on lit: « Nous disons ‘Dieu est’ et puis nous cessons de parler, » parce qu’après ces deux mots il n’y a rien à ajouter (L-p1.169.5:4). Je pense que ce passage réfère à l’expérience de la grotte. Le Cours insiste fortement sur l’idée que le passé n’existe plus et que nous ne devrions pas nous soucier du futur qui n’existe pas non plus. Nous ne devrions nous préoccuper que du pré­sent puisque c’est là seulement que nous pouvons connaître Dieu.

Une dernière histoire: Helen et Bill étaient en route vers la Clinique Mayo à Rochester (Minnesota) afin de passer une journée à étudier comment les psychologues de là-bas fai­saient leurs évaluations psychologiques. La veille Helen avait clairement vu dans son esprit l’image d’une église qu’elle avait tout d’abord cru catholique mais qui, comme elle le remarqua, était luthérienne. Cette image était si vive qu’elle en fit une esquisse. Comme elle la voyait de haut dans sa vision, elle fut convaincue que Bill et elle verraient cette église pendant leur atterrissage à Rochester. Elle fit de cette église le symbole tout-puissant de sa santé mentale ou de son insanité car, ne pouvant pas comprendre toutes ces expérien­ces intérieures, elle en était venue à douter de sa propre rai­son. Voir cette église, pensait-elle, la rassurerait sur son état mental. Mais en atterrissant ils ne virent pas d’église. Comme Helen s’affolait, Bill héla un taxi pour les emmener voir tou­tes les églises de Rochester. Il y avait, je crois, trente-six égli­ses en ville mais ils ne trouvèrent pas celle d’Helen. Helen était dans tous ses états mais ils ne pouvaient rien faire de plus cette nuit-là.

Le lendemain fut un jour très occupé et ils repartirent pour New York dans la soirée. Pendant qu’ils attendaient à l’aéro­port, Bill, qui avait un flair pour ce genre de choses, trouva un livre sur Rochester, pensant que Louis, le mari d’Helen aime­rait le voir. Ce livre contenait l’histoire de la Clinique Mayo et, en le feuilletant, Bill vit une réplique exacte de l’église qu’Helen avait décrite. Elle se trouvait sur l’ancien site de la Clinique Mayo car l’église avait été rasée pour y construire la Clinique. Helen la voyait d’en haut parce qu’elle n’était plus là; avec le temps elle la voyait d’en haut. Elle en fut un peu réconfortée mais ce n’est pas la fin de l’histoire.

Helen et Bill devaient changer d’avion à Chicago. Il était déjà très tard et ils étaient fatigués. Dans le terminal Helen vit une femme assise seule dans son coin à l’autre bout de la salle d’attente. Helen s’aperçut que cette femme était boule­versée même s’il n’y avait aucun signe révélateur. Elle se sentit comme poussée à aller vers cette femme, ce qu’elle n’aurait jamais fait normalement. La femme était en effet bouleversée. Elle venait de fuir mari et enfants et s’en allait à New York où elle n’était jamais allée auparavant; elle n’avait que trois cents dollars pour son séjour à New York et finale­ment elle avait très peur car elle n’avait jamais pris l’avion. Helen se montra amicale, amena cette femme à Bill et ensem­ble ils s’occupèrent d’elle dans l’avion. La jeune femme était assise entre eux et à un moment elle dit à Helen qu’elle pen­sait loger à l’église luthérienne puisqu’elle était luthérienne. Helen entendit alors une voix intérieure: « Voilà ma véritable église. » Helen comprit que Jésus signifiait qu’une vraie église n’est pas un édifice mais le fait d’aider et de s’unir à une autre personne.

Arrivés à New York, Helen et Bill emmenèrent leur nou­velle amie à l’hôtel et, assez curieusement, la rencontrèrent sans cesse pendant les jours suivants. Je crois que Bill la ren­contra un jour à Bloomingdale, un grand magasin de New York et Helen l’eut à dîner une fois ou deux. Par la suite la femme retourna dans sa famille mais resta en contact avec Helen, lui envoyant des cartes de Noël, etc. Un jour elle appela Helen pendant que j’étais là. L’intérêt de toute cette histoire c’est de montrer que ce n’est pas le phénomène psy­chique qui est important en soi mais plutôt l’intention spiri­tuelle qui se trouve derrière et qui, dans ce cas-là, était le secours apporté à une autre personne.

Un jour, à la mi-octobre Helen dit à Bill: « J’ai l’impres­sion qu’il va se passer quelque chose d’inhabituel. » Alors Bill lui suggéra de prendre un cahier pour y noter toutes les cho­ses qu’elle penserait ou entendrait ou tous les rêves qu’elle aurait. C’est ce que fit Helen. Elle savait la sténographie et pouvait écrire très rapidement. Un soir, deux semaines plus tard, elle entendit une voix qui lui disait: « Ceci est un cours en miracles. Prends des notes, je te prie. » Frappée de panique, elle appela Bill au téléphone et lui dit: « La voix n’arrête pas de me dire ces mots. Que dois-je faire? » Bill répondit quel­que chose qui le fera sûrement bénir dans les générations à venir. Il dit: « Pourquoi ne faites-vous pas ce que la voix vous dit? » Helen s’exécuta. Elle se mit à écrire sous la dictée et sept ans plus tard nous avions trois livres intitulés Un Cours en Miracles.

Pour Helen la voix était comme celle d’un magnétophone intérieur. Elle pouvait l’arrêter ou la démarrer à sa guise. Cependant elle ne pouvait I’ »éteindre » trop longtemps sans devenir très agitée. Elle pouvait écrire tout ce que la voix disait malgré la rapidité. La sténo l’aida beaucoup. Elle faisait tout cela en pleine conscience. Ce n’était pas l’écriture auto­matique; ce n’était pas une transe ni rien de ce genre. Quand elle écrivait et que le téléphone sonnait, elle posait sa plume, allait au téléphone, s’acquittait de ce qu’elle avait à faire et revenait terminer là où elle avait été interrompue. Souvent elle était capable de reprendre au même endroit. Ceci est assez remarquable quand on se rend compte qu’une bonne partie du Cours est écrit en vers blancs, en pentamètres iam­biques, et qu’elle faisait ce genre de chose sans sauter un mètre ni perdre le sens de ce que disait la voix.

Ce qui était peut-être le plus effrayant pour Helen était le fait que la voix se faisait connaître comme Jésus. Une bonne partie du Cours est écrit à la première personne; c’est là où Jésus parle beaucoup de sa crucifixion. Il est impossible de se tromper sur l’identité de la voix. Le Cours dit cependant qu’il n’est pas nécessaire de croire que la voix est celle de Jésus pour bénéficier de ce que dit Un Cours en Miracles. Moi, je pense qu’il est aussi facile de le croire pour ne pas avoir à faire une gymnastique mentale pendant la lecture, mais cela n’est pas nécessaire pour mettre en pratique les principes du Cours. Le Cours lui-même le dit. Dans le manuel pour ensei­gnants il y a un paragraphe sur Jésus qui dit qu’il n’est pas nécessaire de l’accepter dans notre vie, mais qu’il nous aide­rait encore plus si nous l’y laissions entrer (C-5.6:6-7).

Il n’y avait aucun doute dans l’esprit d’Helen que la voix était celle de Jésus et cela rendait tout encore plus effrayant. Ce n’a pas été une expérience très agréable pour elle. Elle l’a faite parce qu’elle pensait que c’était en quelque sorte ce qu’elle devait faire. A un moment elle se plaignit amèrement à Jésus: « Pourquoi m’avez-vous choisie? Pourquoi n’avez-vous pas choisi une bonne soeur très sainte ou quelqu’un de ce genre-là? Je suis la dernière personne au monde qui devrait faire cela. » Il répondit: « Je ne sais pas pourquoi tu dis cela puisque après tout tu le fais. » Elle ne pouvait rien rétorquer parce qu’elle était en train de le faire et elle fut évidemment le choix parfait.

Tous les jours elle écrivait les paroles du Cours, générale­ment dans son carnet de sténographie. Le lendemain, quand leur emploi du temps très chargé le leur permettait, elle dic­tait à Bill ce qu’elle avait reçu en dictée et il le tapait à la machine. Bill disait en plaisantant qu’il devait entourer Helen d’un bras pour la soutenir et taper de l’autre main. Helen trouvait même très difficile de relire ce qu’elle avait pris en notes. Telle est l’histoire de l’origine et de la composition d’Un Cours en Miracles. Encore une fois le travail prit sept ans.

Comme la plupart d’entre vous le savez, le Cours com­prend trois livres: un texte, un livre d’exercices pour étudiants et un manuel pour enseignants. Le texte, qui est le plus diffi­cile à lire des trois livres, contient la théorie fondamentale du Cours. Le livre d’exercices se compose de 365 leçons, une pour chaque jour de l’année; il est important à cause de son application pratique des principes du texte. Le manuel pour enseignants est un livre bien plus court et le plus facile à lire des trois car il contient les réponses aux questions les plus susceptibles d’être posées. C’est en fait un bon résumé de plu­sieurs des principes du Cours. Presqu’en appendice il y a une section sur l’explication des termes, écrite bien des années après Un Cours en Miracles. Elle tente de définir quelques-uns des mots employés, mais si vous ne savez pas déjà la signification des termes, le fait de lire cette section ne vous aidera pas; elle contient par ailleurs de très beaux passages.

Helen et Bill n’ont fait aucune correction. Les livres que vous avez maintenant sont restés essentiellement comme ils ont été transmis. Les seuls changements apportés viennent du fait que le texte est venu en un seul morceau sans être divisé en sections et chapitres. Il n’y avait ni ponctuation ni paragra­phes. Helen et Bill ont effectué le travail initial de donner une structure au texte et, quand je suis arrivé en 1973, j’ai par­couru tout le manuscrit avec Helen. C’est nous qui avons mis toutes les sections et les titres. Le livre d’exercices ne présen­tait pas de problèmes parce qu’il est venu avec les leçons et que le manuel pour enseignants est venu sous forme de ques­tions et de réponses. La difficulté se trouvait principalement dans le texte originel, mais celui-ci était généralement dicté en sections qui se suivaient logiquement si bien que la divi­sion en paragraphes et chapitres n’a pas été difficile. Durant tout ce travail nous sentions que nous agissions sous la direc­tion de Jésus de façon à tout faire comme il le voulait.

Au début du Cours, Jésus donna beaucoup de renseigne­ments intimes à Helen et à Bill pour leur faire comprendre ce qui se passait et la façon de s’aider l’un l’autre. Il y avait aussi de nombreux messages visant à les encourager à accep­ter ce qui leur était transmis. Comme Helen et Bill étaient psychologues, il y avait beaucoup d’information sur Freud et d’autres personnes a fin de combler la faille qui existait entre ce qu’ils savaient et ce que le Cours disait. Pour des raisons évidentes Jésus demanda à Helen et Bill d’enlever tous ces renseignements qui n’avaient aucun rapport avec l’enseigne­ment fondamental du Cours. Ce nettoyage n’affecta que le style où il laissait des trous. C’est pourquoi nous avons ajouté un mot par ci par là, non à cause du contenu mais pour facili­ter la transition d’une idée à une autre. Cela est arrivé au tout début.

Le style des quatre premiers chapitres nous a toujours posé un problème. Ils constituent les parties les plus difficiles à lire. Je pense que c’est à cause de la communication privée qui en a été retirée, ce qui donne un aspect haché à la lecture. Nous avons fait notre possible pour l’assouplir. Il faut dire aussi qu’au début Helen était tellement effrayée de ce qui se passait que même si elle n’avait aucune difficulté à compren­dre le sens de ce qui était dit, elle en éprouvait fréquemment dans l’expression et le style.

Au commencement par exemple, les mots « Saint-Esprit » n’étaient généralement pas utilisés. Helen avait tellement peur de ce terme que Jésus employait l’expression: l’oeil spi­rituel. Par la suite le terme fut remplacé par « le Saint-Esprit », selon les instructions de Jésus. Pour la même raison le mot « Christ » n’était pas non plus fréquemment employé au début, mais ultérieurement il fut dicté. Quelques mois plus tard, Helen s’était calmée et à partir du chapitre 5, le Cours est pra­tiquement tel qu’il a été transmis.

Les majuscules manquaient également dans le texte. Comme Helen avait tendance à mettre une majuscule à tout ce qui se rapportait même de très loin à Dieu, la tâche de décider quels mots devraient prendre une majuscule et quels mots ne le devaient pas me causa bien des tourments. Il y a certains mots toutefois sur lesquels Jésus insista pour que nous mettions une majuscule afin de faciliter la compréhen­sion du texte.

Helen, qui était une rédactrice minutieuse lorsqu’elle tra­vaillait à des publications de textes de recherche, avait la forte tentation de changer certains mots pour satisfaire ses préférences stylistiques. Mais il lui était toujours dit de n’en rien faire et donc elle n’en fit rien. Ceci exigea beaucoup de volonté. Il y a eu des moments où elle changea certains mots, mais comme elle avait aussi une mémoire extraordinaire, elle se rappelait quand elle le faisait. Plusieurs centaines de pages plus loin, elle se rendait compte qu’un mot particulier avait été choisi à cause de sa référence ultérieure. Alors elle reve­nait en arrière et rechangeait le mot qu’elle avait d’abord changé.

Un Cours en Miracles fut terminé en 1972. J’ai rencontré Helen et Bill pendant l’hiver de la même année. Un ami com­mun qui était prêtre et psychologue, et qui avait fait une par­tie de sa formation sous Helen et Bill, avait entendu parler du Cours. Cet automne-là lui et moi étions devenus amis. J’étais sur le point de partir pour Israël lorsqu’il insista pour que je rencontre ses deux amis. Nous avions passé une soirée ensemble et il avait mentionné le livre de spiritualité qu’Helen avait écrit. Il ne dit cependant rien de sa nature et de son origine.

Nous nous sommes réunis dans l’appartement de Bill et je me souviens que celui-ci a montré dans un coin une pile de sept gros classeurs de thèse noirs qui contenaient le Cours. Cette fois-là je n’emportais pratiquement rien avec moi en Israël et j’ai pensé que je ne devrais pas me mettre à lire un tome. Mais le peu que mes amis en avaient dit m’intriguait. Ce soir-là j’ai raccompagné le prêtre chez lui et il me dit avoir une copie du livre si je désirais le voir. J’eus le senti­ment très fort que je ne devais pas le faire; mais pendant tout le temps que je passais en Israël, la pensée du livre ne me quitta pas. J’écrivis une lettre à Helen en lui disant que je serais très intéressé de voir le livre à mon retour. Elle me dit plus tard que j’avais écrit « Livre » avec un grand L; je n’en avais pas été conscient. Je ne suis en général pas pour les majuscules mais apparemment j’en avais mise une.

Comme je l’ai dit, tout le temps que j’ai passé en Israël, j’ai pensé au livre et au fait qu’il contenait quelque chose d’important pour moi. Je suis revenu au printemps 1973 avec l’intention de passer seulement quelques jours avec ma famille et mes amis et de retourner en Israël pour demeurer dans un monastère pendant une période de temps indétermi­née. Mais j’étais aussi très curieux de voir le livre et j’ai décidé d’aller rendre visite à Helen et Bill. Dès le moment où j’ai vu le livre, j’ai changé tous mes plans et j’ai décidé de rester à New York.

A mon avis Un Cours en Miracles est l’oeuvre qui intègre le mieux la psychologie et la spiritualité. A cette époque je ne savais pas qu’il manquait quelque chose à ma vie spirituelle, mais quand j’ai lu le Cours, je me suis rendu compte qu’il était exactement ce que je cherchais. Une fois qu’on trouve ce qu’on cherche, on ne le quitte plus.

Une chose importante à savoir au sujet du Cours, c’est qu’il dit bien ne pas être la seule voie qui mène au Ciel. Au début du manuel pour enseignants il affirme que ce n’est qu’une forme du cours universel parmi des milliers d’autres (M-1.4:1-2). Un Cours en Miracles n’est pas pour tout le monde et ce serait une erreur de penser qu’il l’est. Rien n’est pour tout le monde. Je pense que c’est une voie très impor­tante qui a été introduite dans ce monde mais elle n’est pas pour tous. A ceux pour qui ce n’est pas la voie, le Saint-Esprit donnera autre chose.

Il serait regrettable qu’une personne ait des difficultés avec le Cours alors qu’elle ne s’y sent pas vraiment à l’aise et qu’ensuite elle pense avoir échoué. Cela irait contre tout ce que préconise le Cours. Son but n’est pas de culpabiliser les gens ! C’est tout le contraire. Mais pour tous ceux dont il est la voie, l’effort en vaut la peine.

 

Q : Un jour j’ai cru comprendre que beaucoup de personnes le commencent mais qu’elles éprouvent une résistance énorme.

R : C’est absolument vrai. En fait si quelqu’un a suivi tout le Cours sans passer par une période où il le jette par la fenêtre, dans les cabinets ou à la figure de quelqu’un d’autre, c’est probablement qu’il ne comprend pas le Cours. Nous rentre­rons dans les détails plus tard mais la raison majeure, c’est qu’Un Cours en Miracles va contre tout ce que nous croyons. Or il n’y a rien à quoi nous tenions avec autant de ténacité qu’à notre système de croyance, qu’il soit vrai ou faux. Le Cours soulève la question suivante: « Que préfères-tu: avoir raison ou être heureux? » (T-29.VII.1:9). La plupart d’entre nous préférerait avoir raison plutôt que d’être heureux. Le Cours s’érige là-contre en s’efforçant de décrire combien l’ego a tort. Comme nous nous identifions tous fortement à l’ego, nous nous battons contre ce système. Encore une fois je dis bien que, si à un moment ou à un autre un étudiant n’éprouve pas de résistance ou de difficulté en lisant le Cours, c’est que quelque chose va de travers.

 

 

Au début de la dictée du Cours, il n’y avait qu’une poi­gnée de personnes qui étaient au courant, et peut-être même pas une poignée. Helen et Bill la traitait tous deux comme un grand secret honteux. Il n’y avait guère personne de leur famille, de leurs amis ou de leurs collègues qui soit au cou­rant. Comme cela faisait partie du plan, juste avant l’arrivée du Cours on leur avait donné une suite de bureaux à l’écart des autres et d’accès privé. Ils purent ainsi finir tout le manuscrit sans que cela gène leur travail malgré un emploi du temps très chargé. Pourtant personne ne savait ce qu’ils fai­saient. Ils le celaient littéralement comme un secret bien gardé et c’est là où les choses en étaient à mon arrivée.

Je passai ma première année avec Helen et Bill à revoir tout le manuscrit jusqu’à ce que tout soit comme ce devait l’être. Nous avons vérifié tous les titres et Helen et moi l’avons lu mot à mot. Ce travail a pris à peu près un an, et une fois le manuscrit terminé, nous l’avons fait retaper. Le Cours fut donc prêt vers la fin de l’année 1974 ou la première partie de 1975. Ce que nous ne savions pas c’était en vue de quoi il était prêt. Il était toujours au secret, pour m’exprimer ainsi, mais nous savions qu’il était prêt.

Au printemps de 1975 quelqu’un d’autre apparut sur la scène en la personne de Judy Skutch. L’histoire de sa venue dans le Cours est intéressante même si je passe dessus ici; des choses inattendues en ont provoqué d’autres et Judy arriva avec Douglas Dean. Peut-être que quelques-uns d’entre vous connaissez Douglas qui est un psychologue réputé en parap­sychologie. Ils étaient apparemment venus au centre médical cet après-midi-là pour d’autres raisons. Nous avons pensé que nous devions nous ouvrir sur le cours à Judy et à Douglas, ce que nous avons fait. Alors c’est comme s’il avait quitté nos mains pour atterrir dans celles de Judy. Cela conduisit à la publication du Cours. C’était une chose en laquelle nous n’avions aucune compétence et pour laquelle nous ne nous sentions aucunement responsables. Nous pensions que notre responsabilité était de le remettre entre de bonnes mains pour que ce soit bien fait mais ce n’était pas nous qui le ferions. C’était le rôle de Judy et elle l’a très bien rempli.

Vous remarquerez dans les livres que la date de copyright est 1975 alors que les livres n’ont été imprimés qu’en 1976. Cet été-là, un ami californien de Judy fit une photo-offset du Cours et en imprima ainsi 300 copies. Un Cours en Miracles n’a été imprimé sous la forme présente qu’en 1976 et cela a nécessité « miracle » après « miracle ». Ce qui était vraiment « miraculeux » fut la rapidité avec laquelle tout cela s’effectua. Les livres furent publiés en juin 1975 et au moment présent (1993), il y a eu plus de trente tirages.

The Foundation for Inner Peace (la Fondation de la paix intérieure) s’occupe de la publication et de la diffusion d’Un Cours en Miracles. Le Cours n’est ni un mouvement ni une religion; ce n’est pas une autre église non plus. C’est plutôt un système susceptible d’aider certaines personnes à trouver leur voie vers Dieu par la pratique de ses principes. Comme la plupart de vous le savez, il y a de petits groupes qui se for­ment un peu partout et nous avons toujours pensé qu’il est très important qu’il n’y ait pas d’organisation qui fonctionne en tant qu’autorité.

Aucun de nous ne voulait être placé dans le rôle d’un guru. Helen était formelle sur ce point. Les gens venaient littérale­ment s’asseoir à ses pieds et elle leur marchait presque sur les mains. Elle n’était absolument pas intéressée à être faite le personnage principal du Cours. Elle pensait que le person­nage principal d’Un Cours en Miracles était Jésus ou le Saint-Esprit et que c’est ainsi que ce devait être. Pour elle cela était très important. Agir autrement c’était établir une structure du genre église, et c’était la dernière chose que vou­drait l’auteur du Cours.

 

: Comment est-ce que les différentes personnes étaient capables de gagner leur vie pendant ces années?

R : Helen et Bill avaient des postes à temps complet et j’avais un emploi à mi-temps au centre médical en même temps qu’une pratique de psychothérapie à temps partiel. J’étais capable de m’en acquitter assez vite pour passer le reste du temps à corriger le Cours avec Helen et à faire ce qu’il y avait à faire. Nous le faisions dans nos « moments de loisir », mais je pense qu’en ce temps-là c’était nos occupations profession­nelles qui étaient nos « moments de loisir ». Pendant tout le temps que le Cours était en train de se faire, Helen et Bill étaient très occupés par leurs diverses responsabilités.

 

 

Q : Est-ce qu’il a jamais eu quelque chose de dit au sujet du moment où est apparu le Cours? Pourquoi à ce moment-là?

R : Oui. Au début de la dictée Helen a reçu une explication de ce qui arrivait. Il lui a été dit qu’il y avait une « accélération céleste ». Le monde est en fort mauvais état, lui a dit Jésus, ce qui est évident aux yeux de quiconque. Cela se passait au milieu des années 60 et le monde paraît être en bien plus mauvais état maintenant. Pour tout le monde c’était une période difficile et il fut demandé à certains de contribuer par leurs talents particuliers à cette accélération céleste pour aider à rectifier les choses dans le monde. Helen et Bill furent deux parmi tant d’autres à contribuer leurs talents particuliers pour ce plan. Ces quinze dernières années il y a eu une proliféra­tion de textes qui disent avoir été inspirés. Le but de tout cela est d’aider chacun à changer ses opinions sur la nature du monde. Je le répète, Un Cours en Miracles est seulement une voie parmi tant d’autres; cela est très important. La raison pour laquelle j’insiste sur ce point est que le Cours traite d’un problème extrêmement difficile dont nous parlerons un peu plus tard: les relations spéciales’. Il est fort tentant de former une relation spéciale avec le Cours et de le rendre très spécial’ au sens négatif. Je l’expliquerai quand nous en reparlerons.

 


 

Chapitre 2


L’ETAT D’ESPRIT-UN : LE MONDE DU CIEL


Une des méthodes les plus commodes pour présenter Un Cours en Miracles est de le diviser en trois sections; le Cours représente en effet trois systèmes de pensée différents: l’état d’esprit-Un, qui représente le monde du Ciel; l’état d’esprit faux qui représente le système de pensée de l’ego et l’état d’esprit juste qui représente le système de pensée du Saint-Esprit.

Pour commencer, il sera utile de remarquer qu’Un Cours en Miracles est écrit à deux niveaux (voir le schéma à la page suivante). Le premier niveau présente la différence entre l’esprit-Un et l’esprit divisé, alors que le second niveau éta­blit un contraste entre l’état d’esprit faux et l’état d’esprit juste. Au premier niveau par exemple, le monde et le corps sont considérés comme des illusions que fabrique l’ego. C’est pourquoi elles symbolisent la séparation d’avec Dieu.

Le second niveau correspond au monde où nous croyons vivre et, à ce niveau, le monde et le corps sont neutres et peu­vent poursuivre un but comme un autre. Pour l’ego de l’esprit faux, ce sont des instruments destinés à renforcer la sépara­tion. Pour l’esprit juste, ce sont les moyens dont Se sert le Saint-Esprit pour nous enseigner Ses leçons de pardon. A ce deuxième niveau les illusions correspondent donc aux per­ceptions fausses de l’ego, par exemple celle de voir un acte d’agression plutôt qu’un appel à l’amour, le péché plutôt que l’erreur.

En gardant ceci à l’esprit, nous allons commencer notre discussion sur les trois systèmes de pensée du Cours. Nous allons commencer par le premier qui est en réalité le seul, et qui est décrit au début du texte comme l’état d’esprit-Un du Christ ou de Dieu. C’est un système de pensée qui n’a aucun rapport avec ce monde-ci. Je vais en dire un mot maintenant puis nous allons le laisser de côté parce qu’en fait ce n’est pas le thème le plus important du Cours. Il constitue le principe de base du Cours et son fondement, mais ce n’est pas réelle­ment là qu’est le travail.

L’état d’esprit-Un constitue le monde du Ciel, ce qu’Un Cours en Miracles appelle connaissance. L’un des aspects difficiles du Cours lorsqu’on l’aborde pour la première fois, c’est que le sens des mots est différent de leur sens habituel. Vous aurez beaucoup de mal si vous comparez votre propre compréhension d’un mot avec celle du Cours. Des mots comme « péché », « monde », « réalité », « Dieu », « Jésus », « con­naissance » etc. ont un sens quelque peu différent du sens usuel. Si vous voulez rendre justice au Cours et comprendre ce qu’il dit, que vous acceptiez le Cours ou pas, vous devez aussi comprendre le sens des mots et la façon dont ils sont utilisés dans ce contexte-là.

 

 

L’un de ces mots est « connaissance ». Le Cours n’emploie pas « connaissance » au sens où nous l’employons. La connais­sance ne réfère qu’à Dieu et le monde de la connaissance n’a rien à voir avec ce monde-ci. La connaissance n’est ni une croyance ni un système de pensée. C’est une expérience, une expérience qui transcende complètement ce monde. Aussi le monde du Ciel, le monde de la connaissance ou le monde du pur esprit de Dieu, représentent tous la même chose [Pur esprit: c’est le principe spirituel de l’esprit (spirit en anglais) com­paré à l’esprit qui est l’agent motivateur (mind en anglais)]. Quand Un Cours en Miracles parle du monde du pur esprit, celui-ci n’a aucun rapport avec le monde de la matière. Le pur esprit est notre réalité, notre vrai foyer et, encore une fois, il n’a rien à voir ici avec notre expérience de la réalité.

Le concept principal du Ciel ou du monde de la connais­sance est la Trinité. Je vais décrire brièvement comment le Cours définit la Trinité, mais auparavant je vais parler de quelque chose d’autre, d’une objection que de nombreuses personnes soulèvent à propos du Cours. Leur question est la suivante: Si le thème du Cours et sa pensée principale sont de nature universelle—celle que nous sommes tous un—, alors pourquoi est-ce que le Cours est venu sous une forme spécifi­quement chrétienne?

La réponse à cette question acquiert un sens quand on tient compte d’un des principes fondamentaux du Cours: Il faut dé-faire (l’ego a fabriqué; l’esprit juste dé-fait) l’erreur là où elle se trouve. Il n’y a aucun doute que l’influence dominante du monde occidental est le christia­nisme. Il n’y a pas de système de pensée plus puissant au monde, que vous vous considériez chrétien ou non. Il n’y a per­sonne en ce monde, en tous les cas dans le monde occidental, qui n’ait pas été profondément affecté par le christianisme.

Que vous vous identifiiez au christianisme ou non, vous vivez dans un monde chrétien. Notre calendrier est basé sur la naissance et la mort de Jésus. Pourtant il n’est pas besoin de dire que le christianisme n’a pas été très chrétien quand on considère l’histoire des églises.

Comme le christianisme a fait une marque profonde sur le monde, et continue à le faire—une marque qui n’est pas très chrétienne—, il était essentiel d’en dé-faire les erreurs avant de pouvoir changer radicalement le système de pensée du monde. Voilà pourquoi à mon avis Un Cours en Miracles est venu sous une forme spécifiquement chrétienne. Tout lecteur du Cours qui a eu une éducation chrétienne reconnaîtra assez vite que le christianisme dont parle le Cours n’a rien à voir avec celui qui a été enseigné. Le mari d’Helen, Louis, qui s’identifiait fortement au judaïsme, m’a dit un jour qu’il savait que si le christianisme avait été comme le Cours, il n’y aurait jamais eu d'anti-sémitisme. Il n’y a aucun doute là-dessus.

Le Cours est donc venu sous cette forme-là afin de corri­ger les erreurs que le christianisme avait introduites. Partout dans le Cours, et particulièrement dans les premiers chapitres du texte, il y a de multiples références à l’Ecriture sainte (plus de 800) dont plusieurs ont été réinterprétées. Au début des chapitres 3 et 6 il y a des passages remarquables sur la cruci­fixion où Jésus rectifie les faits en expliquant ce qui a causé la mauvaise compréhension qu’en ont eue les gens (T-3.I; T-6.I). Il explique pourquoi c’est arrivé et comment tout un système de pensée est né de cette erreur-là. L’argument de Jésus n’est pas conventionnellement chrétien mais ses princi­pes sont chrétiens au sens où il les signifiait originellement.

Voilà pourquoi Un Cours en Miracles a une forme chré­tienne et pourquoi, plusieurs fois dans le texte, Jésus nous dit qu’il a besoin que nous lui pardonnions. Cela s’adresse au chrétien aussi bien au juif et qu’à l’athée. Il n’y a personne en ce monde qui, à un niveau ou à un autre, consciemment ou non, n’ait pas fait de Jésus son ennemi. Pour cette raison les gens pensent que ce Cours est un ennemi. Il menace les fon­dements mêmes du système de l’ego. Je répéterai donc qu’avant de pouvoir dépasser le christianisme et ce qu’il a été, il faut d’abord lui pardonner. Encore une fois, cela s’accorde parfaitement avec les principes du Cours.

La terminologie chrétienne qu’utilise le Cours constitue un obstacle contre lequel bute pratiquement tout lecteur. C’est un obstacle pour tous ceux qui ont été élevés dans la religion juive parce qu’il leur a généralement été enseigné très tôt que « Jésus » est un terme négatif. C’est certainement un obstacle pour la plupart des chrétiens parce que le Cours présente une forme de christianisme différent de celui qu’ils connaissent. Et pour un athée il y a évidemment aussi des problèmes. Je répète qu’il n’y a pratiquement personne qui n’éprouve de dif­ficulté en lisant Un Cours en Miracles à cause de sa forme. C’est donc intentionnellement qu’il est chrétien; ce n’est pas non plus par hasard que Jésus ne cache pas le fait qu’il est l’auteur du Cours. Le but est réellement d’aider le monde à lui pardonner et à se pardonner ses fausses interprétations.

Q : Pouvez-vous dire un mot de la poésie?

R : Helen était une mordue de Shakespeare et le pentamètre iambique qui est utilisé dans une grande partie du Cours est de style shakespearien. Il y a aussi plusieurs allusions aux pièces de Shakespeare, et la version de la Bible qui est citée est la version King James. Cependant, bien qu’il y ait des parallèles frappants avec l’enseignement de la Bible, le Cours, comme je l’ai dit, diffère de ce qu’on pourrait appeler le christianisme biblique.

Une remarque finale: comme son but est de corriger le christianisme, le Cours emploie délibérément des termes chrétiens pour la Trinité, et ces termes sont masculins. C’est encore une autre objection que beaucoup de personnes ont soulevée contre le Cours. Il y a deux raisons pour cet usage: l’une, c’est que les langues juive et chrétienne sont masculi­nes et donc le Cours a adopté ce genre. L’autre raison est qu’une grande partie est rédigée en style poétique et qu’il deviendrait encombrant d’avoir à répéter « à lui ou à elle ». C’est une des contraintes de la grammaire anglaise. Si on parle d’un être humain, par exemple, on se référera à lui dans la phrase suivante par un pronom de genre masculin pour être grammaticalement correct. Voilà un aspect stylistique de la langue anglaise et le Cours la suit, tout simplement. Je peux vous assurer que l’auteur du Cours n’est pas sexiste; Jésus n’est pas phallocrate.

La première personne de la Trinité est Dieu bien sûr. Dieu est la Source de tout être. Dans le Cours Il est souvent appelé le Père, ce qui, encore une fois, est clairement emprunté à la tradition judéo-chrétienne. Il est aussi appelé le Créateur et tout vient de Lui. Dieu est pur esprit par essence, et comme Dieu est immuable, sans forme, éternel et pur esprit, rien de ce qui n’a ces qualités ne peut être réel. Voilà pourquoi le Cours dit que le monde n’est pas réel et n’a pas été créé par Dieu. Le monde est changeant par nature; il n’est pas éternel et il est fait de substance matérielle. Donc il ne peut venir de Dieu.

La seconde personne de la Trinité est le Christ. Ce qui est arrivé dans la création c’est que Dieu s’est naturellement étendu Lui-même. L’état naturel du pur esprit est de s’éten­dre et de se propager. L’extension de Dieu est création et la création est connue comme le Fils de Dieu ou le Christ. Ce qui est difficile à comprendre dans tout ceci c’est que les seuls mots ou concepts que nous puissions utiliser sont ceux de notre propre monde, le monde de la perception, limité par le temps et l’espace. C’est l’univers matériel que nous avons fabriqué comme substitut au Ciel. Cependant une seule jour­née d’atelier ne nous donne pas le temps d’élaborer là-dessus.

Donc au Ciel il n’y a ni temps ni espace. Quand nous pensons à Dieu Qui S’étend, la seule image que nous puis­sions avoir est une image temporelle et spatiale, et par là-même incorrecte. Le Cours dit dans ces cas-là qu’il ne faut pas essayer de comprendre ce qui ne peut être compris. Le livre d’exercices emploie l’expression « futiles rêvasseries » (L-pI.139.8:5) et c’est exactement ce que c’est. Comme le déclare Un Cours en Miracles, nous pouvons seulement saisir la vérité par une expérience révélatrice qu’il nous serait ensuite impossible de formuler avec des mots: les mots ne sont que des symboles de symboles et donc ils sont par deux fois éloignés de l’état de réalité (M-21.1:9-10).

Or le Fils de Dieu, ou le Christ, S’étend Lui-même. L’extension de Dieu est Son Fils Qui s’appelle Christ. Le Christ est un: il n’y a qu’un Dieu et Il n’a qu’un Fils. Autre­ment dit, le Fils de Dieu s’étend aussi par Son pur esprit de la même façon que Dieu S’étend par Son pur esprit. Cela nous mène à l’un des mots les plus ambigus du Cours, et ce mot-là est « créations ». Quand le Cours parle de créations, il se réfère aux extensions du pur esprit du Christ. Juste comme Dieu a créé le Christ, le Christ crée aussi. Et les extensions du Christ au Ciel s’appellent créations. C’est une question que le Cours n’essaie pas d’élucider. Quand on tombe sur ce mot, il suffit de se dire qu’il signifie simplement le processus naturel par lequel s’étend le pur esprit.

Un Cours en Miracles explique, —et c’est là un point très important—, que même si nous créons comme Dieu en tant que Christ, nous n’avons pas créé Dieu. Nous ne sommes pas Dieu. Nous sommes les extensions de Dieu; nous sommes les Fils de Dieu mais nous ne sommes pas la Source. Il n’y a qu’une Source, et celle-ci est Dieu. Croire que nous sommes Dieu et que nous sommes la Source de l’être, c’est faire exactement ce que désire l’ego: c’est croire que nous som­mes autonomes et que nous pouvons créer Dieu exactement comme Dieu nous a créés. Cette croyance nous enferme dans un cercle clos dont il est impossible de sortir parce que nous déclarons alors être l’auteur de notre propre réalité. C’est ce que le Cours appelle le problème d’autorité. Nous ne sommes pas l’auteur de notre réalité, Dieu l’est. Une fois que nous croyons être Dieu, nous entrons en concurrence avec Lui et nous nous heurtons alors à des difficultés. Voilà ce qu’est, bien sûr, l’erreur originelle, et nous en parlerons dans un petit moment.

Au commencement, lequel bien sûr transcende le temps, il y avait Dieu et Son Fils. C’était comme une grande famille heureuse au Ciel. Mais bizarrement, à un certain moment, qui en réalité n’arriva jamais, le Fils de Dieu crut qu’il pouvait se séparer de son Père. C’est à ce moment-là que se produisit la séparation. En vérité, comme le déclare le Cours, cela n’aurait jamais pu arriver; comment une partie de Dieu pour­rait-elle se séparer de Lui? Pourtant le fait que nous sommes tous ici, ou que nous pensons être ici, semble indiquer tout autre chose. Le Cours n’explique pas vraiment la séparation; il dit simplement que c’est ainsi. N’essayons pas de deman­der comment l’impossible est arrivé parce qu’il n’aurait pas pu arriver. Si on demande comment cela aurait pu arriver, on retombe en plein dans l’erreur.

De la façon dont nous pensons, c’est arrivé et la séparation s’est passée. A l’instant même où nous avons cru nous séparer de Dieu, nous avons mis en place tout un nouveau système de pensée (je vais en parler dans une minute); Dieu envoya alors Sa Correction pour dé-faire cette erreur. C’est la troisième Personne de la Trinité. Il y en a une bonne explication au chapitre 5 du texte si vous souhaitez l’étudier de plus près. C’est le premier passage où Jésus parle spécifiquement du Saint-Esprit en expliquant Son rôle: Il est la Réponse à la séparation. Chaque fois que vous trouvez le mot « Réponse » avec un grand « R » dans le Cours, vous pouvez substituer « Saint-Esprit ».

Un Cours en Miracles décrit le Saint-Esprit comme le lien de communication entre Dieu et Ses Fils séparés (T-6.I.19:1). La raison pour laquelle il est la Réponse et Il dé-fait la sépa­ration est la suivante: puisque nous croyons réellement être séparés de Dieu —Dieu est là et nous sommes ici—, le Saint-Esprit agit en tant que lien entre là où nous croyons être et là où nous sommes vraiment, c’est à dire de retour avec Dieu. Le fait qu’il y ait un lien nous montre que nous ne sommes pas séparés. Dieu a dé-fait la séparation au moment même où nous croyions qu’elle se produisait. Ce qui dé-fait la sépara­tion est le Saint-Esprit.

Je répète que c’est le système de pensée connu comme l’état d’esprit-Un et c’est sur ce système qu’est fondé tout ce dont nous allons parler. Nous ne pouvons pas le comprendre; il faut simplement l’accepter. Une fois de retour au Ciel, nous le comprendrons et alors nous n’aurons plus de questions. 

 


Pour lire la suite, vous pouvez commander le livre sur Amazon.fr ou directement sur le site de la Foundation for A Course in Miracles (FACIM)

 

 

 

 


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Published by Mathieu - dans Kenneth Wapnick
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