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14 avril 2010 3 14 /04 /avril /2010 21:08

Shutter-island.jpg

 

 

 

Voici le point de départ du film : En 1954, le marshal Teddy Daniels et son coéquipier Chuck Aule sont envoyés enquêter sur l'île de Shutter Island, dans un hôpital psychiatrique où sont internés de dangereux criminels.

 

Ce film n’est pas ce qu’il semble être au premier abord.

Si vous aimez le suspens, je vous conseille d’aller le voir avant de poursuivre…

 

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                A la fin du film, on découvre que Teddy Daniels est en réalité un ancien marshal devenu patient de l’hôpital psychiatrique.

                Pourquoi a-t-il été interné ? Un jour, alors qu’il rentrait du travail, il a retrouvé ses enfants noyés dans le lac au fond de son jardin. Lorsqu’il réalise que c’est sa femme qui les a tués (elle souffrait de graves troubles psychiatriques et ne se rendait pas compte de ce qu’elle faisait), il est désespéré et la tue. La culpabilité et le désespoir qu’il ressent alors sont tels qu’il décompense et tombe dans la psychose hallucinatoire chronique : il s’invente inconsciemment un monde illusoire et perd conscience de la réalité. 

                L’hôpital psychiatrique dans lequel il est interné devient alors un endroit qu’il doit inspecter en tant que marshal des Etats-Unis. Il n’a plus conscience qu’il avait des enfants et croit que sa femme est morte dans un incendie allumé par déséquilibré mental interné dans cet hôpital.

 

                L’équipe soignante tente une expérience. Puisque Teddy Daniels est un patient dangereux et qu’il représente une menace pour les autres prisonniers, ils doivent soit le lobotomiser (opération chirurgicale qui consiste à sectionner une petite partie du lobe cérébral), soit le ramener à la raison en le convainquant qu’il s’est inventé un monde. Plutôt que de le lobotomiser tout de suite, ce qui aurait pour effet de le calmer sérieusement, ils décident de mener une expérience grandeur nature. Ils lui permettent d’avoir une liberté de mouvement au sein de la prison afin de l’encourager à aller au bout de son délire et de provoquer, à la fin, à l’aide de preuves irréfutables, un choc psychologique l’obligeant à confronter la réalité. Chuck Aule, la personne que prend Teddy pour son coéquipier, est en réalité un psychiatre de l’hôpital. Ce dernier le suit afin qu’il ne soit pas une trop grande menance pour les résidents de l'hopital.

 

                Ce film m’a permis de mieux réaliser comment l’esprit peut s’illusionner au point d’inventer un monde. Et oui, comme Teddy Daniels, nous avons inventé un monde qui n’existe puisqu’il n’y a personne à l’extérieur de nous…

                Ce film met à  jour les mécanismes de défenses d’un être humain qui nie de toutes ses forces la réalité. Et c’est là qu’on voit l’ingéniosité de l’égo. Teddy se prend pour la victime d’une machination: Il pense que les psychiatres l’accusent de folie pour qu’il n’aille pas révéler les expériences qu’ils mènent sur les prisonniers, tout comme j'ai tendance à me considérer comme la victime d’un monde que j’ai moi-même inventé.

                Ce qui m’a également touché, c’est le choc qu’a du ressentir le personnage principal du film pour en arriver à nier en bloc "la vérité". De même, lorsque nous avons cru à la séparation, la souffrance a été tellement forte, tellement insoutenable, que nous nous sommes réfugiés dans nos rêves afin de fuir notre réalité. Ce processus se renouvelle d'ailleurs à chaque instant. 

                A la fin du film, lorsqu’il est mis devant l’évidence qu’il est un patient de l’hôpital, le choc est terrible. Face à sa culpabilité, il choisit de "mourir comme un héros" plutôt que de "vivre comme un monstre" et accepte de se faire lobotomiser. Nous aussi, il nous faut du temps pour pardonner nos illusions ainsi que notre croyance en la séparation. Si nous brûlons les étapes, le choc risque d’être trop important. Dans le texte, J. explique que:

 

Le rêve est si effrayant, il semble si réel, qu'il [le fils collectif de Dieu] ne pourrait pas se réveiller à la réalité sans une sueur de terreur et sans un cri de peur mortelle, à moins qu'un rêve plus doux ne précède son réveil et ne permette à son esprit plus calme d'accueillir; un rêve plus doux [...]" (T-27.VII.13:4). 

 

C’est pour cette raison que le Saint Esprit nous appelle doucement comme un père qui réveille un petit enfant endormi. D’abord, les rêves deviennent paisibles, puis le petit enfant se réveille doucement…

 

                Quand je n’ai pas envie de pardonner, j'essaie de repenser à ce personnage torturé par la culpabilité. Je me dis que mon esprit s’illusionne autant que lui, que je ne vois pas la réalité, que je délire. Il y a également des images qui me reviennent, ce qui m’aide à pardonner ce qui n’est jamais arrivé, à ceux que je crois être à l’extérieur de moi.  

 

 

 

 

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commentaires

Donald Hébert 11/03/2011 03:54


Wow je ne l'avais pas vue entièrement comme ça mais c'est une très belle observation qui m'aidera merci Donald


Raksha 07/08/2010 17:39


Coucou le vacancier..
Juste ce petit mot,pour te dire que Laurent va faire un stage sur Paris les 4et 5 septembre, je suis partante et j'ai déjà mon ticket de train...Je ne connais que les dates du stages, dès que j'an
sais plus je te fais signe qui sait ??


Mathieu 08/08/2010 13:42



Oui, ca me tente... Je t'envoie un mail!



Christalain 29/05/2010 12:15


Bonjour Mathieu,
Oui, SHUTTER ISLAND est un excellent film, autant d'un point de vue "spectacle-suspens" que symbolique. Il ne nous reste plus qu' nous réveiller de notre propre reve !
D'ailleurs, à un moment du film, le héros croit s'éveiller d'un cauchemard, mais il reve encore (dans le dortoir), il s'éveille alors une seconde fois !
Nous sommes des etres capables de rever qu'ils revent...!
comment ne pas douter alors de notre soit-disant réalité ?

Merci pour cet article,
Bien a toi
Christalain


Mathieu 30/05/2010 19:55



Bonjour Christalain!


Merci pour ton commentaire. Oui, je me souviens un peu de ce passage.


Je suis en train de traduire des passage d'un livre de Kenneth Wapnick: "Love does not condemn." Je devrais publier ces traductions dans deux mois.


 


Bien à toi,


Mathieu



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