Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
9 août 2011 2 09 /08 /août /2011 10:00

 

 

   Extraits de "Forgiveness and Jesus »

 

de Kenneth Wapnick 

 

 

 

 

Chapitre 4 à 16

     

 

 

 

 

 

 Image livre

 

 

 

 

 

 

 

 

Forgiveness and Jesus, chapitre 1 à 3 (cliquez ici)

Forgiveness and Jesus, chapitre 4 à 16 (sur cette page)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Chapitre 4 :

 

LA SIGNIFICATION DE L’AMOUR ET DE LA SEXUALITE

 

 

 

Le Pardon et l’Amour : La Relation Sainte

 

 

            […] Ce qui obscurcit notre consicence de la présence de l’amour en nous et dans nos relations est la culpabilité. Au fur et à mesure que deux personnes continuent à apprendre leurs leçons de pardon, leur culpabilité décroit proportionnellement. C’est en réalité cet amour qui « croit » dans une relation. En réalité, c’est la diminution de la culpabilité dans une relation qui permet à l’amour, qui était là depuis toujours, de naître à nos esprits.    

            L’amour n’a qu’une Source et ne peut avoir qu’un seul but, son propre épanouissement. C’est un cercle sans fin qui s’étend pour embrasser tous les enfants de Dieu. Bien qu’il ne soit pas possible d’aimer chaque personne de la même manière ou de partager la même intimité avec tout le monde, il est possible de ne pas avoir d’interférence avec l’extension de l’amour. Par conséquent, personne n’est exclu. Le défaire de toutes ces interférences est le but de toutes les relations, qu’elles soient temporaires ou qu’elles durent toute une vie. (p. 102, 103)

 

 

            Les problèmes relationnels sont donc toujours des projections de culpabilité présente en chacun des individus concernés. Plutôt que de voir la culpabilité à l’intérieur, les partenaires choisissent chacun de la voir en l’autre. La mauvaise foi inconsciente de ces manœuvres empêche toute guérison de se produire. Le désir de mettre fin à une relation devenue trop contraignante peut parfois être une tentation de ne pas apprendre les leçons de défaire de la culpabilité qu’a fourni le Saint Esprit. Notre peur de la paix que le pardon apporte devient trop grande, et nous ne voyons pas d’autre recourt que de suivre les conseils de notre égo et de chercher encore et encore le réconfort dans les relations particulières. (p. 104)

 

 

 

La sexualité et le célibat

 



          L’une des croyances dominantes de l’égo concernant le sexe est qu’il permet d’évacuer les tensions, ce qui est également un tenant central de la théorie de Freud. C’est une forme de la même erreur que nous avons observée plus tôt qui affirme que la colère est une émotion fondamentale de l’être humain dont l’énergie doit donc être soit exprimée, soit réprimée. La tension ne vient pourtant pas du corps, mais résulte du conflit de nos esprits entre Dieu et l’égo. Sa seule échappatoire vient quand nous choisissons l’Un et abandonnons l’autre. Mettre les tensions sur le compte des pulsions sexuelles, cherchant à résoudre le problème à ce niveau auquel l’égo voudrait que nous le résolvions, renforce simplement l’erreur de l’identification corps-égo qui est la source fondamentale de la tension. De cette manière, la source du problème est tenue encore plus loin de la guérison.    

          Le problème fondamental n’est donc pas de « coucher ou ne pas coucher », mais quelle voix nous choisissons de suivre. Lorsque nous poursuivons les buts de l’égo, la culpabilité semble résulter dans l’une de ses nombreuses formes, puisque son but sera d’attaquer et de séparer. En choisissant de suivre l’égo, nous avons choisi de suivre la particularité. De ce fait, l’autre devient l’objet qui peut combler nos besoins de particularité. En nous percevant nous-mêmes comme ayant besoin de réalisation, nous nous auto-avilissions également. La culpabilité et la haine sont les seules récompenses que nous allons recueillir, au lieu de l’amour qu’apporte le pardon du Saint-Esprit. (p. 108)

     

 

 

 

Chapitre 5

CONCLUSION : LA FOI, LA PRIERE ET LE PARDON

 

 

 

La nécessité d’avoir la foi    

 

 

                Regarder la culpabilité et la peur est une expérience effrayante par définition et par expérience. Quand nous continuons sur la voie spirituelle, la souffrance de ces expériences augmente en intensité ainsi que nos sentiments de désespoir. Notre cas semble s'empirer plutôt que de s'améliorer. C'est tout simplement que nous nous approchons des couches les plus profondes et les plus réprimées de culpabilité et de peur, la véritable fondation du système de l'ego. Désespéré, l'ego essaie de détourner ce pas final menant à sa dissolution et dans un dernier élan de « la dernière chance », il cherche à nous attaquer comme il ne l'a jamais fait auparavant.

            Bien que les formes diffèrent beaucoup selon les individus, personne n'échappe à cette partie du chemin. Pour cette raison, le Cours fait fréquemment référence aux périodes « inconfortables et troublantes », pour ne pas mentionner la terreur, qui se trouvent le long de la voie :

 

L’ego est particulièrement susceptible de t’attaquer lorsque tu réagis avec amour, parce qu’il t’a évalué comme étant non aimant et tu vas à l’encontre de son jugement. L’ego s’attaquera à tes motifs dès qu’ils ne s’accorderont nettement plus avec la perception qu’il a de toi. C’est alors qu’il passera brusquement […] à la méchanceté quand tu décides de ne pas tolérer l’abaissement de soi et d’y chercher remède (T-9.VII.4:5-7 ; T-9.VIII.2:9-10).

 

            Le problème de notre culpabilité doit être reconnu avant d'être résolu et l'ego fait tout pour nous en empêcher. Maintenant que toute la terreur de notre culpabilité devient exposée, l'ego devient désespéré. Il se produit alors en nous la plus forte tentation d'abandonner et de retourner au confort de l'ego. « Arrête » nous hurle-t-il dans les oreilles. « Ne va pas plus loin, car seuls l’oubli et la terreur t’attendent ». Il essaie vraiment de nous effrayer jusqu'à la mort. "Je te l'avais dit, tu n'aurais jamais dû me quitter, regarde dans quel dégât tu te trouves, c'est pire qu'avant. Reviens-moi et je t'apporterai la paix et la sécurité du passé."

L'égo nous dit que nos vies ont été mal guidées, que nos efforts spirituels n'étaient qu'illusions et que Dieu n’est rien de plus qu'un mythe ou une projection de quelque dérangement psychologique ou fantaisiste. Il nous presse de retourner à la "réalité" et aux tentations du monde.

Tentés encore une fois par les "cadeaux" de la projection, nous commençons à attaquer, incluant même Dieu et Ses aides. Les personnes et les dévotions qui avaient été auparavant des sources de forces et de réconfort sont perçues comme des outils de l'ego ou du diable. Tout espoir semble perdu, remplacé par une terreur plus intense.

            Ce stade est analogue à ce que les mystiques chrétiens appelaient "La nuit obscure de l'âme" qui est décrite comme la période de grande froideur qui précède la dernière expérience finale d'union avec Dieu et qui était traditionnellement le but des mystiques. Vu autrement, on pourrait dire que ces personnes se sont rendus suffisamment loin pour reconnaître que "le monde que je vois ne possède rien que je veuille » (L-I.128). Le monde des illusions ne peut plus servir de motif à notre particularité dans le but de nous apporter un répit de culpabilité et d'angoisse. Les possessions, la gloire, la fortune, le statut social, les amants ou les ennemis ne nous satisfont plus, car aucun d'eux n'est durable. Ces personnes sont allées assez loin pour réaliser que tout ce quelles désirent est Dieu, car Lui seul est Éternel. Cependant, elles n'ont pas encore atteint le point où elles peuvent faire cet engagement sans équivoque. Il y a une partie d'elle qui craint encore devoir tout Lui retourner.

            Prises dans un "no man's land", elles ne désirent plus les cadeaux de l'ego, mais ne peuvent pas encore accepter ceux de Dieu. Pendant que la culpabilité et l'angoisse commencent à monter, elles n'ont pas d'endroit où être réconfortées. Elles ont passé le point de "non-retour". Elles ne peuvent plus retourner vers le monde, et craignent encore un peu de se tourner vers Dieu. Il en résulte une sensation de vide et de tristesse ainsi que d'échec qu’est la vie sans Dieu : c’est la nuit sombre de l'âme. Personne ne peut transcender l'ego sans passer par cette expérience. De plus, c'est une étape qui n’arrive pas qu’une fois. Nous expérimentons cet inconfort à plusieurs reprises sur la route du pardon de notre culpabilité. (p.115, 116, 117)

 

[…]

 

            La peur et la terreur ressenties ici sont presque au-delà de ce que nous pouvons imaginer, car presque toutes nos croyances étaient destinées à nous préserver de ce moment. Sans la conscience qu'il y a Quelqu'un à l'intérieur de nous Qui n'est pas de nous, une Personne Qui peut nous protéger, nous réconforter et nous guider, il est très improbable que cette étape puisse être dépassée avec succès. Nous sommes renvoyés à la désolation totale et au désespoir de la vie de l'ego avec laquelle nous nous sommes toujours identifiés. La haine de soi que nous avions toujours essayé de projeter sur les autres nous confronte en pleine tête et souvent le suicide semble la solution la plus attrayante de toutes :

 

Il y a un instant où la terreur semble saisir ton esprit si entièrement qu’il semble n’y avoir aucun espoir d’évasion. Quand tu te rends compte, une fois pour toutes, que c’est de toi dont tu as peur, l’esprit se perçoit lui-même divisé. […] Maintenant, pour un instant, un meurtrier est perçu au-dedans de toi, désirant ardemment ta mort, tramant contre toi des punitions jusqu’au moment où il peut enfin te tuer. (L-I.196.10:1-2 ; 11:1)

 

            Nous avons souvent besoin d'expériences terrifiantes pour faciliter notre retour vers Dieu que nous avons renié, afin de réaliser notre dépendance totale de Lui : « Ce moment peut être terrible. Mais il peut aussi devenir le temps de notre libération d'un esclavage misérable » (L-I.170.8 :1-2). Ceci n'est pas une étape qui doit être approchée trop tôt ou avec hâte. Si par nous-mêmes, nous étions responsables du plan de notre salut, nous serions toujours tentés de nous presser. Il n'y a rien que l'ego aimerait mieux que de voir nous diriger à toute vapeur sur un chemin qui semble aller vers Dieu, pour au final devenir si effrayé que nous nous détournons de Lui pour aller vers l’ego, convaincu d'avoir fait notre part alors que Dieu a encore une fois manqué de faire la sienne. La culpabilité doit être approchée très lentement afin que nous gagnons en confiance et soyons assurés que nous ne serons pas déchirés en morceau par les alliés dévastateurs de l'égo (la peur et le désespoir) qui attendent notre destruction.  

            Le curriculum du Saint-Esprit est planifié pour chaque individu afin que nous puissions approcher cette étape de la meilleure façon possible pour notre apprentissage. Etape par étape, nous sommes menés à travers Ses leçons de pardon, « vers le haut de l’échelle que la séparation t’a fait descendre » (T-28.III.1:2). Chacune est semblable, mais nous devons apprendre les leçons sous une myriade de formes différentes jusqu’à ce que nous atteignions le point où ne comprenons son application universelle.  Ainsi, le livre d’exercices dit de ses leçons :

 

Chacune d’elle contient tout le curriculum si elle est comprise, mis en pratique, acceptée et appliquée à tous les évènements apparents au cours de la journée. Une seule suffit. Mais à celle-là il ne faut faire aucune exception. Ainsi nous avons besoin de toutes les utiliser en les laissant se fondre en une seule, chacune contribuant au tout que nous apprenons (L-I.rVI.in.2:2-5).

 

            Le Saint-Esprit a besoin de notre patience et de notre confiance en ce que nous ne regardions pas au-delà de la présente leçon qu'Il nous a donnée. Nous ne sommes pas conscients de la profonde étendue de notre peur, mais notre foi nous assure que nous ne recevrons jamais plus que nous pouvons gérer. Quand les choses deviennent difficiles, nous allons apprendre que de nous-mêmes nous ne pourrions pas y arriver, mais nous n'avons pas à le faire seul. Il y en a Quelqu'un à nos côtés Dont la force deviendra la nôtre si nous en profitons. Il nous demande seulement d'accepter la grâce de Sa Présence afin qu'Il puisse nous aider à quitter notre monde de cauchemar et marcher dans la lumière qui remplit le cœur de chacun de nous qui savons que Dieu est Amour. (p.117, 118, 119)

 

 

 

La foi et la Prière : la signification de l’abondance

 

 

            Il nous est demandé d’utiliser la déclaration citée précédemment du livre d’exercices chaque fois que nous sommes tentés par la terreur, l’appréhension ou quelque forme de souffrance que ce soit : « Je pardonnerai et ceci disparaîtra » (L-I.193.13:3). Ce qui disparaît n’est pas la forme extérieure du problème parce que cela n’est pas le problème. Ce qui disparaît est notre façon erronée de regarder ce problème. Comme le dit le Cours : « Ce cours porte sur la cause et non sur l’effet » (T-21.VII.7:8). Il cherche à changer la cause de nos problèmes, qui est notre façon erronée de penser et de percevoir, et non pas les effets de ces pensées. Ainsi, si nous sommes coincés dans un bouchon et en retard pour une réunion, nous ne devrions pas prier le Saint-Esprit pour disperser les voitures de façon à ne pas être en retard, mais plutôt pour guérir nos esprits de ces sentiments d’anxiété, de tracas ou de culpabilité. […] (p. 121, 122)

 

 

 

Notre fonction qu’est le pardon

 

 

            Le pardon demande un changement de perspective sur la façon dont nous voyons le monde de l’illusion. Si nous le voyons comme un endroit où l’on trouve du plaisir et où l’on cherche à éviter la douleur, nous deviendrons dépendant de ce qui est à l’extérieur : nous allons aimer ce qui nous satisfait, et détester ce que nous croyons pouvoir nous blesser. Avec une telle perspective, la paix est impossible puisque les plaisirs ou les blessures terrestres ne peuvent qu’apporter le conflit : Si nous croyons que quelque chose peut nous donner du plaisir, nous allons aussi croire que cela peut nous faire mal. Une ambivalence inhérente est ainsi investie dans toutes choses de ce monde et un amour inconditionnel et permanent devient impossible. Le monde est alors séparé en deux camps, et l’unique Création d’amour de Dieu est niée. (p. 124)

     

 

            Une fois que nous expérimentons que c’est notre choix d’abandonner notre investissement dans les choses terrestres et donc notre espérance qu’elles vont nous apporter le salut ou le bonheur, le ressentiment et le sentiment de perte ou de sacrifice deviennent impossibles. Quand nous réalisons finalement tout ce que Dieu nous a donné, nous penserons, « étonné et ravi, que pour tout cela [nous avons] renoncé à rien ! » (T-16.VI.11:4) Le chemin vers Dieu est censé être joyeux en raison de Celui vers Qui il mène. En effet, quand notre désir se met en accord avec celui du Saint-Esprit, seule la joie et la paix peuvent en résulter. Dans cette union des volontés, l’égo est défait et ses apparents dons disparaissent, éclipsés par l’unique don de Dieu.

            Le but du pardon est de nous aider à atteindre la perception unifiée que ce monde n’a rien à nous offrir parce qu’il n’y a rien ici qui dure et que « nous ne pouvons pas l’emporter avec nous. » Seul Dieu dure, et la réelle valeur des choses terrestres est de nous aider à apprendre la leçon que le Cours voudrait enseigner : Il n’y a pas de monde. Intrinsèquement, les choses de ce monde ne sont ni mauvaises ni bonnes. C’est le but que nous leur donnons qui détermine leur valeur. Le véritable plaisir vient de l’accomplissement de notre fonction en faisant la Volonté de Dieu dans le contexte de notre vie de tous les jours. La douleur résulte de la non-réalisation de notre fonction, c'est-à-dire le déni des leçons de pardon du Saint-Esprit. Si l’on ne garde pas cette perspective élargie à l’esprit, nous nous trouvons repoussés à expérimenter les besoins qui n’ont pas été satisfaits dans le passé ou le présent. (p. 125, 126)

   

 

            Pour résumer, travailler sur un problème avec le pardon est un processus qui passe en premier par la reconnaissance que les autres ne sont pas responsables de notre tristesse, et ensuite que tous nos besoins et manques ont été comblés et n’attendent que notre acceptation. « Que je reconnaisse que mes problèmes ont été résolus » (L-I.80). Au-delà de notre culpabilité est l’abondance et la complétude de Dieu. Notre décision de ne vouloir que l’abondance pour nous-mêmes et pour tous les autres est la décision de pardonner. C’est une décision qui permet au Saint-Esprit de nous aider à remplir la seule fonction que nous avons réellement, puisque c’est la seule donnée par Dieu qui rend toutes les autres possibles. Il n’y a que de cette façon que le réel plaisir est trouvé, puisqu’il n’y a que dans la paix de Dieu que nous trouvons le repos pour nos âmes. (p.126)

 

 

 

 

 

 

      

 

 

 

 

 

 

    

 

 

PARTIE II :

LES ENSEIGNEMENTS DU NOUVEAU TESTAMENT

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

   

Chapitre 6 :

LE MONDE DE L’EGO : LES RELATIONS PARTICULIERES

 

 

 

Prendre sa croix

 

 

            [...] Nous avons déjà vu comment une vie de souffrance provient de la perception de nous-mêmes comme étant une victime, et que cela ne peut jamais être la Volonté de Dieu pour nous. Sacrifier quelque chose a le même effet psychologique que de l’enlacer, puisque cela établit une valeur à ce qu’aucune chose ici ne peut avoir. Personne ne se bat contre quelque chose à moins de croire que c’est réel et qu’il y a une utilité à s’y opposer. L’enseignement de Jésus sur la « renonciation » exprime un changement d’attitude [mentale], de l’égo à Dieu, et non pas un cours de conduite. Nous abandonnons notre investissement dans les choses de ce monde, qui est toujours un investissement dans la culpabilité, et non pas dans ces choses elles-mêmes. […] (p.137)

   

 

            Jésus était l’expression la plus complète d’une vie ayant totalement transcendé l’égo. Si la croix ou la crucifixion est le symbole de l’égo, alors prendre sa croix signifie suivre le chemin de Jésus, c'est-à-dire la transcendance de l’égo. Nous pouvons nous identifier au défaire de la culpabilité de notre égo, plutôt qu’aux épreuves et douleurs d’abandonner cette culpabilité. Comme le dit le Cours : « La crucifixion est toujours le but de l’ego. Il voit chacun coupable, et par sa condamnation, il voudrait tuer » (T-14.V.10:6-7). Puisque la relation particulière est le cœur de la culpabilité, le chemin de la croix consiste à défaire ces relations destructrices.

            Ce chemin qu’est le processus du Salut pour nous-mêmes n’est certainement pas sans difficulté. Cependant, ces difficultés ne doivent pas être glorifiées ou spiritualisées, mais plutôt comprises dans le contexte du besoin qu'a l’égo de « rendre les coups. » Abandonner notre investissement dans une relation particulière provoquera de la souffrance. Il est impossible de changer ces relations qui représentent notre sécurité et notre protection contre la culpabilité sans expérimenter de la culpabilité. Puisque c’est la peur de cette culpabilité qui a fait que nous avons écouté à la voix de l’égo en faveur de la particularité, c’est la même peur qui va surgir une fois que l’investissement dans nos relations particulières commence à changer et que la culpabilité est autorisée à faire surface dans notre expérience consciente. Lorsqu’il évoque le passage d’une relation particulière à une relation sainte, le Cours dit que la relation pourrit être « perturbée, désaccordée et même très pénible » (T-17.V.3:3). Comme nous l’avons vu, regarder la culpabilité et la peur est effrayant ; et où il y a de la peur, la douleur et la souffrance ne peuvent être évitées. (p. 137)

   

 

            Il est donc crucial, non seulement que nous prenions notre croix pour aller au-delà de l’égo, mais aussi que nous prenions la main de Jésus et que nous le suivions. Sans sa guidance, nous ne pouvons pas aller au-delà de la peur et de la douleur que la croix peut représenter. Au lieu de cela, nous nous identifions inévitablement à la peur, faisant d’elle notre seule réalité. (p.140)

 

 

Pour résumer, il est inévitable que nous passions à travers l’anxiété et la souffrance temporaire de la transcendance de l’égo si nous voulons atteindre la paix et la joie qui est le véritable héritage de notre Père, Dont « la Volonté est pour moi le parfait bonheur » (L-I.101). Vouloir prendre ce chemin, c’est désirer cette paix, et un but ne peut pas être atteint sans moyens. Notre but est la vie éternelle que Jésus nous propose. C’est ce but de liberté qui devrait être notre point de mire, non pas la douleur de laisser derrière nos relations particulières. Nous devrions être de bonne humeur parce que ce qui est mort sur la croix était la peur, et Jésus nous enseigne maintenant de dépasser cette peur en « prenant sa croix » du pardon. (p. 140, 141)

 

 

 

L’enseignement de Jésus sur les relations particulières

 

 

            Jésus instruit donc ses disciples ainsi : « Quiconque veut sauver sa vie la perdra ; mais quiconque perd sa vie pour moi la trouvera » (Mt 16:25). En cherchant à sécuriser nos vies d’égo en gardant nos relations particulières, nous perdons réellement notre vie puisque nous avons placé notre foi en rien. En abandonnant ces attachements, choisissant une relation sainte au lien de la particularité, nous prenons la seule décision qui rétablit notre conscience de notre véritable vie en Dieu. Nous trouvons ainsi la véritable signification de la vie et nous réalisons, encore une fois, « étonné et ravi, que pour tout cela [nous avons] renoncé à rien ! » (T-16.VI.11:4) […]

            Ce même enseignement est retrouvé dans la déclaration de Jésus de nous faire eunuque pour l’amour du royaume (Mt 19:12). Comme nous l’avons vu au Chapitre 4, Jésus ne pouvait pas préconiser le célibat et nous exhorter à nous abstenir d’avoir des relations sexuelles dans le but de rester « pur » pour lui seul. Il nous exhorte plutôt de faire le choix intérieur de le choisir lui en premier. De cette manière, toutes nos relations, quelque soient leur forme, peuvent jaillir de son amour. Une fois qu’il est au centre de nos relations, nous pouvons expérimenter la véracité de ses mots : « Quiconque fait la volonté de mon Père au ciel est mon frère et ma mère et ma sœur » (Mt 12 :50). Il n’y a qu’en demeurant en sécurité en Dieu que nous reconnaissons nos relations comme étant des opportunités d’apprentissage qui nous permettent d’étendre l’amour de Jésus à tout le monde. (p. 144, 145)

 

 

            Jésus nous a dit qu’il était venu apporter la paix (Jn 14:27), mais le faux et fugace sens de sécurité qui résulte de relations construites sur la dépendance à l’amour particulier n’est pas la paix que Jésus nous offre. Nous devons plutôt apprendre à renoncer à ce faux soi qui voudrait que nous cherchions de telles relations, et choisir à la place la seule relation avec lui qui unit toutes les autres en elle-même. Nous devons nous désengager de tout attachement à toute chose qui n’est pas de Dieu afin que nous puissions finalement être unis à notre véritable réalité. Pour nous aider à passer de l’enfer de nos vies d’égo au paradis de la vie de Dieu, Jésus nous envoie les uns les autres, ses messagers, nous apportant de très joyeuses nouvelles. Cependant, à moins qu’il reste lui-même au centre de nos relations, leur message de pardon, de joie, de bonheur sera perdu dans la culpabilité, la douleur et la détresse. Dans chaque relation, Jésus nous appelle donc : « Venez vers moi, tous ceux qui travaillent et qui sont accablés, je vais vous donner du repos » (Mt 11:28). La culpabilité et la peur de nos relations particulières sont donc transformées, à travers le pardon, dans le reflet de l’amour de Dieu. (p.145, 146)

 

 

 

La toile de la particularité : la haine particulière envers Jésus

 

 

            La combinaison du pêché, de la culpabilité et de la peur que les disciples ont expérimentés après la crucifixion serait au-delà de notre compréhension, trop terrifiant à contempler. Pourtant, comme nous l’avons vu au Chapitre 1, chacun de nous porte ces sentiments à l’intérieur puisque nous partageons le même égo collectif, similaire en un sens au concept de Jung de l’« inconscient collectif. » Rien que d’y penser, cela fracasserait nos esprits. Sans les mécanismes de déni et de projection, il serait impossible pour nous de survivre. Ces mêmes mécanismes de défense nous garantissent cependant que cette survie sera faite de souffrance, de douleur, de terreur et de mort. Les disciples se blottissant les uns contre les autres dans la chambre à l’étage est un symbole pour nous tous. Ces heures terrifiantes qui se sont produites une fois dans l’histoire se reproduisent quotidiennement dans nos vies, bien que ce soit sous des formes différentes. « A chaque jour et à chaque minute de chaque jour, et à chaque instant contenu dans chaque minute, tu ne fais que revivre cet unique instant où le temps de la terreur prit la place de l’amour » (T-26.V.13:1). Puis, soudainement, au milieu de la terreur des ténèbres de l’égo, Jésus apparaît avec son message apaisant de pardon. […] (p. 156)

 

 

 

 

Chapitre 7

LE PARDON : LES ENSEIGNEMENTS

 

 

 

La Question du Divorce

 

 

            Une fois que l’égo nous a convaincu que le problème résidait dans les relations physiques et non dans les esprits des personnes jointes dans la relation, cela n’a plus d’importance si la relation inconfortable est interrompue ou simplement supportée dans la souffrance. Dans les deux cas, l’égo ressors triomphant puisque la culpabilité sous-jacente est cachée derrière la colère ou l’auto-apitoiement.

            Quand une relation est « rompue » par l’égo, il a réussi à mettre en place un rideau de fumée qui nous permet de croire que notre problème vient de l’autre ou de la relation, où que ce soit sauf en nous-mêmes. Notre problème fondamental qu’est la culpabilité est donc « protégé » en l’externalisant sur la relation. Cela mène à la croyance magique qu’en mettant fin à la relation (soit par le divorce ou par d’autres moyens), on a résolu le problème. C’est pour cela qu’en de si nombreuses circonstances, les gens passent d’une relation à une autre, cherchant sans cesse « la relation parfaite » qui mettra fin à leurs problèmes. En cherchant la paix et le bonheur en quelqu’un d’autre, ils ne reconnaîtront jamais que leur seul espoir de paix réside dans leur relation avec Dieu. D’un autre côté, nous pouvons protéger notre culpabilité en restant dans une relation que le Saint-Esprit voudrait que nous quittions, nous « réjouissant » de façon masochiste d’être une victime innocente ou en croyant avec autosatisfaction qu’une telle souffrance et qu’une telle douleur est le sacrifice demandé par Dieu pour notre salut. (p. 169)

 

 

 

L’amour des Pêcheurs et des Pauvres (« Anawim »)

 

 

            Puisque nous avons tous des egos, autrement nous ne serions pas dans ce monde, nous devons tous partager sa pauvreté. Le Cours définit les « pauvres » comme « ceux qui ont mal investi, et ils sont pauvres en effet ! Parce qu’ils sont dans le besoin, il t’est donné de les aider, puisque tu es parmi eux » (T-12.III.1:3-4). Les « pauvres » ou les « Anawim » qu’ « aimait » Jésus étaient ceux qui étaient douloureusement conscient de leur besoin d’aide et de guérison. Ils étaient les « petits enfants » du Mt 18:3, dépendant totalement du soutien de Dieu. En demandant ouvertement cette aide de Jésus, ils étaient capables de la recevoir de lui. Et il pouvait ainsi les aider.

            Cette reconnaissance franche de notre culpabilité, exprimant notre désir de pardonner, est tout ce que nous demande Jésus. Le reste du travail lui appartient. […] (p. 179)

 

 

 

 

Chapitre 10 :

LA FOI DANS LE DIEU D’AMOUR

 

 

 

La Disponibilité de l’Amour de Dieu

 

 

            Par conséquent, tout ce dont Dieu a besoin de nous sont nos efforts et notre foi persistante en Lui, que nous puissions « prier continuellement et ne jamais perdre espoir » (Lk 18 :1). Au chapitre 5, nous avons discuté de la véritable signification de la prière. Puisque Dieu n’a pas crée ce monde matériel, qui n’existe que dans nos esprits dupés sous la forme de pensées malcrées, Il ne peut jamais répondre à nos requêtes pour des choses matérielles. Son amour n’est pas matériel. Au contraire, notre Père sait que nous avons besoin de guérir notre esprit. C’est dans ce but qu’il nous a donné le Saint-Esprit, rendu manifeste à travers Jésus. Quand il nous apparait que Dieu est retardé dans Sa réponse à notre aide, c’est parce que nous avons demandé les mauvaises choses et Dieu ne répond pas avec des illusions puisque cela n’aurait pour effet que de renforcer la peur sous-jacente à cette requête. (p.218)

 

 

 

Faire confiance à Dieu

 

 

            Quand nous ressentons de la douleur ou quand nous pleurons une perte perçue, nous serons confortés par Dieu si nous nous tournons vers Lui.

 

« Quelle inquiétude peut avoir celui qui remet son avenir entre les Mains aimantes de Dieu ? De quoi peut-il souffrir ? Qu’est-ce que peut lui causer de la douleur ou lui faire éprouver une perte ? Que peut-il craindre ? Et que peut-il regarder autrement qu’avec amour ? Car celui qui a échappé de toute peur de douleur future a trouvé sa voie vers la paix présente et la certitude d’une sollicitude que le monde ne peut jamais menacer » (L-I.194.7:1-6).

 

Si d’un autre côté, le Dieu vers lequel nous nous tournons est une projection de notre égo, le réconfort sera illusoire et de courte durée. Il s’agira d’une forme d’attaque subtile qui se changera rapidement en culpabilité et en une plus grande souffrance.

            Seul le Dieu véritable et vivant dans nos cœurs peut nous apporter le repos de nos âmes car Lui-seul peut corriger le problème à sa source, nos « pêchés » ayant été tournés vers Lui. Jésus nous enseigne de ne pas utiliser la prière comme de la magie, priant pour ce que nous n’avons pas ou croyons avoir besoin, ou priant pour impressionner les autres (Mt 6:5-6). Notre prière doit plutôt être basée sur la foi en ce que nous avons mais ne voyons pas. Nous prions pour le pardon afin de recevoir ce qu’il nous a déjà été donné et d’accepter la réalité de ce qui est. (p.225)

 

 

            Avec cette foi, tout ce que nous demandons sera reçu (Mt 21:22). Mais Jésus ne demande pas que notre foi soit parfaite. Si elle l’était, nous n’aurions pas besoin de sa foi parfaite. Il demande seulement que nous tirions parti de lui, utilisant sa force pour soutenir ce que nous percevons comme étant notre faiblesse. En réalité, c’est ce « petit désir » auquel le Cours fait référence : notre part qui permet à Jésus de faire la sienne. C’est dans ce même ordre d’idée que le père de l’épileptique, qui après avoir été guéri, s’exclama à Jésus : « J’ai la foi. Aide-moi avec le peu de foi que j’ai ! » (Mk 9:24) (p. 227)

 

 

 

 

Chapitre 13

REALISER NOTRE FONCTION

 

 

 

« Le complexe de Jonas »

 

 

            Chacun de nous, qui nous nous identifions en partie avec l’égo, craignons notre fonction parce qu’elle est de Dieu. Venant à notre secours, l’ego offre un moyen par lequel nous pouvons être « sauvés » de cette menace. Dans la première partie, nous avons vu comment l’égo nous garde éloigné du problème réel qui se trouve dans nos esprits en nous convainquant que le problème réside ailleurs. Pour réaliser son objectif qu’est de diriger notre attention loin de notre culpabilité, l’égo met en place une série interminable de pseudo-problèmes qui sont comme des écrans de fumée ou des leurres destinés à  distraire notre attention de ce que nous devrions vraiment regarder. Cela fait paraître réel un problème irréel, ce qui nous amène à dédier notre temps, notre énergie et nos efforts vers sa résolution. Aussi longtemps que nous restons convaincus que la réalité de ce problème irréel, nous continuons à chercher sa solution, alors que le réel problème de notre peur de Dieu reste intact. Ce processus est particulièrement frustrant car un non-problème ne peut pas avoir de solution. Si cet apparent problème semble être résolu, un autre apparaître rapidement pour prendre sa place. (p. 255)

 

 

            Comme apôtres, nous avons des fonctions précises à remplir, quelles que soient leur forme. Cela est rendu possible par la pratique du pardon. Nous devons faire attention à ce que nos égos ne nous divertissent pas avec des problèmes qui ne sont pas des problèmes du tout. Toutes nos inquiétudes concernant la maladie, l’argent, la sécurité, les relations de haine ou d’amour particulier, ne sont que des tentatives de l’égo de nous distraire et de nous « protéger » du travail que nous devons faire au Nom de Dieu. En reconnaissant ces pseudo-problèmes pour ce qu’ils sont, notre appel à Dieu pour nous aider à dépasser la tentation de rendre  l’irréel réel permet à la véritable réalité de notre vie de se manifester à nouveau. En voyant à travers la sombre toile de l’illusion qu'a tissée l'égo, nous avons un aperçu de la lumière de notre fonction qui nous est présentée. Les erreurs disparaissent et sont remplacées par la lumière de la vérité qui n’a jamais cessé de briller. Ainsi, nous sommes tous lancés à toute vitesse le long de la route qui mène à Dieu. (p. 257)

 

 

            Il y a deux autres tentations qui nous « protègent » de notre fonction alors que l’égo « dresse son horrible tête ». La première de ces tentations est de quitter notre situation particulière (notre famille, nos amis, nos occupations) et de suivre un nouveau chemin. Bien qu’il soit certainement vrai que Jésus puisse nous demander cela comme étant une partie de notre propre plan d’Expiation (il l’a demandé aux disciples), il nous est plus souvent demandé de rester précisément là où nous sommes. L’appel réel de Jésus est pour le changement de notre esprit qui nous permet de le choisir comme enseignant, plutôt que l’égo. Une partie inhérente à l’appel est le fait de dire « oui », non seulement à certaines fonctions dans le monde, mais surtout au défaire notre culpabilité à travers les leçons de pardon qui nous sont offertes. Habituellement, cela signifie rester exactement là où nous sommes, au moins au début, de façon à ce que l’on puisse guérir ces relations et ces situations dans lesquelles notre culpabilité a été maintenue.

            Il est clair que Jésus nous demande de « tout laisser derrière soi » et de le suivre, mais « tout laisser derrière soi » se réfère à un état intérieur. Tous les changements extérieurs suivront ce qui change d’abord à l’intérieur. Alors qu’il évoque ce problème, le Cours affirme :

 

Des changements sont requis dans l’esprit des enseignants de Dieu. […] Il est fort improbable que des changements d’attitude ne constituent pas la première étape dans l’entraînement du nouvel enseignement de Dieu. […] Il y a ceux qui sont appelés à changer de vie presque immédiatement, mais ce sont en général des cas particuliers (M-9.1:1,4,6).

 

            Par conséquent, le désir de quitter des situations ou des relations est très souvent une subtile défense de l’égo contre la réelle signification de l’appel, parce que cela traduit une réticence à confronter les manifestations de l’égo dans les relations et les situations à portée de main. Cela devient ainsi une manœuvre de l’ego pour nous éloigner du problème et de la solution. Il nous dit de prendre en charge notre vie plutôt que de se fier à la direction de Jésus. (p.257, 258)

 

 

            La même situation tient, continue [Saint] Paul, pour ceux nés esclaves, mariés, ou célibataires. A moins qu’ils soient guidés à changer leur situation, ils devraient la laisser telle quelle. Insister pour que cela change, même à un niveau inconscient, met l’accent au mauvais endroit comme nous l’avons vu dans notre discussion au tableau 2. Le salut n’est pas trouvé en changeant une situation extérieure existante, pas plus qu’elle n’est trouvée en la maintenant. Le salut est metanoia [= changement de mentalité, d’intention], abandonnant notre ego afin de nous identifier au Christ en nous. Changer l’extérieur de nos vies sans changer l’intérieur est inutile, et même nuisible, puisque cela nous mène à une autosatisfaction qui empêche tout changement de se produire. Nous faisons n’importe quel changement extérieur nécessaire quand le Saint-Esprit nous le demande et nous ne pouvons être sûrs de la voix que nous entendons seulement dans la mesure où nous pouvons être libérés de notre culpabilité. Ainsi, nous pouvons constater à nouveau que notre seule vraie responsabilité est de pratiquer les leçons de pardon que Jésus nous offre, de façon à ce que notre culpabilité puisse être défaite. De cette manière, nous devenons libres de réaliser le projet de notre Père.

 

 

 

 

Chapitre 14

LES APOTRES DU SAINT ESPRIT ET JESUS

           

 

 

« Le Test de la Vérité »

 

 

            L’une des questions les plus posées concernant Un Cours en Miracles, sans parler des autres chemins spirituels, est la façon dont peut savoir quelle voix nous écoutons, celle de l’égo ou celle du Saint-Esprit. Il est évident que l’égo résonne souvent de façon très similaire à la Voix pour Dieu, et nous devenons convaincus que nos pensées et nos actions viennent du Saint-Esprit alors qu’en réalité elles résultent de notre égo et de nos besoins personnels. Comment peut-on donc voir la différence, puisque notre but conscient serait de ne suivre que la guidance du Saint-Esprit ?

            Malheureusement, il n’y a pas de réponse toute faite. Si nous pouvions déjà entendre parfaitement la Voix de Dieu, il n’y aurait pas d’égo à combattre, et il n’y aurait pas eu besoin de Jésus ou du Saint-Esprit. […] (p. 267)

 

 

            Cependant, la question cruciale ne devrait pas être « Comment est-ce que je sais quand j’entends le Saint-Esprit ? » mais « Pourquoi est-ce que je ne fais pas ce qu’Il me dit de faire de façon à ce que je puisse entendre Sa Voix avec plus de clarté ? » (p.268)

 

 

 

Les Apôtres de la Lumière et de la Paix

 

 

            […] La réponse du Cours à ce problème, l’acceptation du Salut pour nous-mêmes, est simple et fait échos au message fondamental des conversations intérieures des prophètes et de l’évangile. Puisque nous ne sommes pas les guérisseurs de ce monde, les arbitres de la justice divine, les correcteurs des erreurs, notre seule responsabilité est d’être aussi libre que possible à l’intérieur afin de laisser Celui Qui est le Guérisseur de travailler à travers nous. Croire que l’un d’entre nous sait ce qui est le mieux pour le monde, même pour nous-mêmes, serait le paroxysme de l’arrogance. Jésus nous demande seulement de le laisser être lui-même en nous de façon à ce qu’il puisse toucher les autres à travers nous. (p.277)

 

 

            Notre seul job est donc de défaire notre propre culpabilité qui nous empêche d’être les messagers de Dieu sur terre. Quel que soit le travail vers lequel nous sommes dirigés, il a pour intérêt non seulement le bénéfice que cela apporte aux autres, mais le bénéficie que cela peut nous apporter. C’est une partie intégrante du plan de Dieu pour nous tous. Le travail que nous faisons est la classe dans laquelle nous apprenons nos leçons de pardon. Cela offre toujours la chance de défaire notre croyance en la séparation. Quand nous sommes confrontés à la maladie, à la douleur ou à la souffrance sous quelque forme que ce soit, il y a Quelqu’un à côté de nous qui nous dit en tapotant gentiment sur notre épaule :

 

Il y a une autre façon de regarder cela. Au-delà de la souffrance et de la peur, il y a une lumière qui brille. Vois cette lumière et apprend que cette même lumière brille aussi en toi. Résiste à la tentation de ne voir que les ténèbres. Dans tes efforts pour réconforter ceux qui s’identifient encore aux ténèbres, vois-au-delà [des ténèbres] vers la lumière en eux, en demandant d’être unis encore une fois. Vois cette lumière brillante en chaque personne, de façon à ce qu’ils puissent un jour être réunis dans l’Unique Lumière que ton Père connaît comme étant Lui-même.

(p.277, 278)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

     

 

PART IV

JESUS

 

 

 

 

 

 

     

 

 

 

 

 

 

 

 

     

Chapitre 16

EST-CE QUE NOUS AVONS BESOIN DE JESUS ?

 

 

 

Est-Il le Seul Enseignant ?

 

 

              [...] Comme le souligne le Cours, son but est l’expérience et non pas la croyance, puisque la croyance est une fonction de l’égo. L’expérience ne peut qu’unifier tandis que la croyance peut souvent diviser. Il n’est besoin que d’expérimenter la seule Voix de Dieu lorsque l’on pratique le curriculum du Cours et que l’on apprend ses leçons, non pas d’avoir une croyance spécifique. (p.296)

 

 

 

Jésus comme Notre Modèle

 

 

            Notre besoin particulier de Jésus est évident lorsque nous considérons que la seule fonction que nous partageons est de pardonner notre égo. Nous avons déjà discuté de l’impossibilité de se libérer des sables mouvants que sont nos vies d’égo sans l’aide de Dieu. Le fossé entre nos mois séparés, l’ego et notre vrai Soi, est trop grand, restant pour toujours devant nos yeux effrayés comme le miroir de notre pêché. Jésus devient alors le pont, et faisant une distinction entre le contrôle et la guidance, il affirme dans le Cours (T-2.VI.1:3) que nous devrions lui permettre de prendre le contrôle sur tout ce qui n’a pas d’importance dans nos vies, lui remettant nos peurs, nos anxiétés et nos préoccupations de façon à ce qu’elles puissent être enlevées de nous. Cela nous permet donc de placer tout ce qui importe sous sa guidance. En tournant de plus en plus vers lui toutes les interférences de l’égo, nous devenons de plus en plus libre de n’entendre plus que sa voix, une voix qui « guidera [simplement] nos pas vers le chemin de la paix (Lk 1:79). » Sans le contrôle et la guidance de Jésus pour corriger nos erreurs, nous serions laissés pataugeant seuls, ne sachant pas si nous suivons la direction du Ciel ou celle de notre ego. Sans cette aide de l’intérieur, il est certain que nous allons patauger. Qu’importe si nos désirs et nos aspirations soient saints, nous allons inévitablement suivre les diktats de l’égo, exprimant notre propre culpabilité et peur en pensée et en action et réalisant les souhaits notre maître-égo sur terre, plutôt que ceux de notre Père au Ciel.

            Nous apportons notre culpabilité et notre peur comme des dons à l’autel de la vérité, là où Jésus viens vers nous avec ses dons de pardon et d’amour. A cet endroit, ils se rencontrent, et un seul subsiste. Dans la lumière de la vérité que Jésus nous apporte de Dieu, les ténèbres de l’égo disparaissent. Comme l’a écrit Isaiah : « Quiconque marche dans l’obscurité et n’a pas de lumière qui brille pour lui, qu’il fasse confiance au nom de Yahwev, qu’il se repose en son Dieu » (Is 50:10).

            Jésus représente pour nous l’aide de Dieu, et c’est notre confiance en lui qui nous permet de trouver notre vrai Soi. Nous sommes alors capables de choisir à nouveau comme support la force du Ciel et comme guide la lumière de la vérité. Sans cette aide, envoyée pour nous par Dieu, nous serions  à tout jamais coincés dans ce monde d’illusion que nous avons considéré comme notre foyer, croyant que la séparation de notre Père était réelle et pour toujours au-delà de Sa guérison et de la grâce de son pardon. Jésus a montré qu’il n’en n’est pas ainsi et habite en nous afin que nous fassions de son Soi le nôtre. 

            Nous  ne pouvons pas suivre Jésus sans cette foi. Les pressions du monde sont trop grandes et le pouvoir de notre peur et de notre culpabilité est trop accablant. Sans notre conscience de la force que Jésus nous donne, nous ne serions pas capables de continuer. En lui notre salut est déjà atteint puisque toutes nos erreurs ont été défaites et n’attendent que notre acceptation de leur guérison. Il est le chemin, la vérité et la vie ; et en prenant sa main nous sommes menés à notre seule réalité en lui. Se tenir debout devant le monde et dire « C’est mon frère Jésus », c’est reconnaître notre union avec lui et en Dieu. (p.298,299)

 

 

 

Notre don à Jésus

 

 

            Quand nous sommes confrontés au sombre désespoir enfoui profondément dans nos cœurs, ne voyant aucune issue pour en être libéré, qui pourrait ne pas être submergé de gratitude lorsqu’il sent une main réconfortante sur son épaule, la présence d’une lumière douce, d’un monde rassurant ? Lorsque l’on apprend enfin que cette lumière a un nom, une identité précise, qui n’aurait pas ses yeux remplis de larmes au son qu’elle émet, à cette saveur sur ses lèvres quand elle est exprimée. Lorsqu’il découvre l’amour personnel au milieu de la lumière, qui n’abandonnerait pas toute obscurité et courrait dans ses bras ouverts et accueillants ?

            Qui ne ferait pas, dans une joyeuse gratitude pour son magnifique don d’amour, de vie et d’espoir, tout ce qu’il a demandé de faire pour amener ces dons aux autres, de façon à ce qu’ils puissent y participer en tant qu’un, laissant résonner le joyeux « Merci » à chaque instant où le salut est offert à quelqu’un d’autre et accepté en nous-mêmes ? Qui ne se tiendrait pas devant lui, rempli d’humilité, d’amour, de gratitude avec les mains vides, le cœur inspiré et faisant écho aux mots de tous les prophètes depuis Abraham : « Me voici mon Dieu, Je suis venu faire ta volonté » ? (p.301, 302)

 

 

 

Nb : Je me suis largement inspiré de la traduction que Stella P. m'a envoyée pour traduire la première partie du chapitre 5. 

 

 

 

Traduction libre par Mathieu

Relecture par Olivia

 

           

           

 

 

 "Forgiveness and Jesus", chapitre 1 à 3 (cliquez ici)

 

 

 

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Mathieu - dans Kenneth Wapnick
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Un Cours en Miracles
  • : C'est un blog destiné à l'étude du livre: "Un Cours en Miracles".
  • Contact

Sommaire

Vous trouverez sur ce blog :

 

 

Des passages traduits de plusieurs livres de Kenneth Wapnick:
 
Les deux premiers chapitres du livre de Kenneth Wapnick:
 
Des extraits des deux premiers livres de Gary Renard concernant le véritable pardon:
 
La traduction d'un article de Mickael Dawson:
 
Des prières de pardon:
.
Mes réflexions, principalement inspirées du Cours :