Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
23 août 2009 7 23 /08 /août /2009 19:26

 

“The Message of A Course In Miracles : All are Called, Few Choose to Listen » by Kenneth Wapnick

 

 

“Le Message d’Un Cours En Miracles: Tous sont appelés, Peu choisissent d'écouter” de Kenneth Wapnick

 

 

Traduction libre

 

 

Numériser0001

 

 

 

 

Volume Deux :

PEU CHOISISSENT D’ECOUTER

 

 


 


Chapitre 1

UN MATERIEL INTEGRÉ


            Formulé simplement, le conflit peut se manifester de deux manières fondamentales. D'un côté, les étudiants peuvent se rebeller ouvertement [à l'enseignement] en ne faisant pas les exercices tels qu'ils sont donnés. Cela arrive, par exemple, quand ils essaient de changer ou d'adapter le livre d'exercices de manière à ce qu'il leur semble mieux adapté à leurs besoins, croyant qu'ils connaissent ce qui est mieux pour eux. (Few Choose to Listen, p.20)


D'un autre côté, des étudiants peuvent avoir la réaction opposée en devenant totalement soumis et docile, faisant exactement ce que Jésus dit, dans l'espoir "magique" et inconscient qu'en faisant plaisir à l'Autorité, celle-ci va leur faire cadeau d'une faveur spéciale. Ces étudiants font de gros efforts pour faire parfaitement le livre d'exercices. Few Choose to Listen, p.20)


            Parfois, la tactique qui consiste à vouloir faire plaisir à Jésus en essayant de paraître parfait s'exprime d'une façon extrême chez les étudiants qui achètent une montre dotée d'une alarme, ce qui leur permet de se souvenir tout au long de la journée des leçons données.Ces étudiants bien intentionnés se donnent ainsi pour objectif de faire parfaitement les leçons. Cependant, ils violent totalement le but du livre d'exercice qui est de discipliner l'esprit dans son désir de penser à Dieu. "L'approche de la montre alarme" sape le but du livre d'exercice qui est d'entraîner les étudiants à devenir conscients du caractère divisé de l'esprit et de sa résistance à choisir le Saint Esprit. Seule cette prise de conscience leur permet de changer significativement leur esprit et  de corriger leur précédent choix. La montre permet aux étudiants de s'entraîner, comme les chiens de Pavlov, à saliver les leçons du livre d'exercices quand l'alarme sonne. Encore une fois, même si les leçons ont pu être faites correctement dans la forme, le contenu qui est l'entraînement de l'esprit a été complètement saboté. (Few Choose to Listen, p. 20, 21)

 

            L'étudiant d'Un Cours en Miracles ne devrait jamais oublier que le curriculum ne se situe pas au niveau de la forme. Il ne s'agit pas d'un devoir, de recevoir une note, ou de réussir dans le sens traditionnel. C'est plutôt un programme qui permet d'apprendre le pardon, à la fois de façon théorique comme système de pensée et comme expérience personnelle. [...] Le but du livre d'exercices, qui reflète de but global d'Un cours en Miracles, est de défaire l'image fautive que l'on a de nous-mêmes. De plus, de même que le processus du Cours est d'apporter l'obscurité de l'illusion du système de pensée de l'ego à la lumière de la vérité de Jésus, le livre d'exercice peut-être vu comme ayant pour objectif d'exposer le système de pensée de l'étudiant et de l'apporter à Jésus de façon à ce qu'il soit oublié et abandonné. Ainsi, chercher à éviter de faire des erreurs (en faisant les exercices parfaitement) détourne très astucieusement l'objectif de Jésus pour ses étudiants. (Few Choose to Listen, p.21, 22)


            […] Ne pas réussir à se rappeler les périodes d'exercices n'est pas un pêché, mais comme cela est décrit plus haut, c'est une chance de nous pardonner nous-mêmes l'erreur d'oublier Dieu, choisissant le monde particulier de l'ego au lieu de Son Amour. (Few Choose to Listen, p.22)


            […] Encore une fois, les étudiants du Cours en Miracles et plus particulièrement du livre d'exercices s'en porteraient mieux de voir dans les leçons un espace dans lequel leur ego peut "faire des siennes" [se révéler], afin que son système de pensée puisse enfin être reconnu et rejeté. C'est ce processus visant à regarder notre colère et nos jugements refoulés (notre investissement dans la particularité) sans culpabilité qui est le préalable aux progrès des étudiants du Cours. (Few Choose to Listen, p.23)


 


Chapitre 2

L’UTILISATION QUE FAIT LE COURS DU LANGAGE  - I



"Chaque fois qu'une forme quelconque de relation particulière te tente de chercher l'amour dans un rituel, souviens-toi que l'amour est contenu, et non forme d'aucune sorte. La relation particulière est un rituel de la forme, qui vise à élever la forme pour qu'elle prenne la place de Dieu aux dépens du contenu. Il n'y a pas de signification dans la forme et il n'y en aura jamais" (T-16.V.12:1-3).

 

            Cet extrait [cité d’Un Cours en Miracles] peut être pris comme un avertissement pour tous les étudiants d'Un Cours en Miracles qui chercheraient à comprendre ses principes en se tenant presque uniquement au sens littéral, plutôt qu'en utilisant les mots comme des symboles permettant d'aller au-delà de leur véritable signification. (Few Choose to Listen, p.45)

 



Chapitre 4

LE ROLE DE JESUS ET DU SAINT ESPRIT - I


            Le but de Jésus dans nos vies n'est donc pas d'exaucer nos demandes spécifiques, ni de répondre à nos questions spécifiques, mais plutôt de nous rappeler l'unique Réponse à tous ces problèmes. Cette Réponse repose calmement dans nos esprits, attendant patiemment notre accueil. [...]
            Par conséquent, dès que l'on s'est unifié avec son amour et que l'on a pris la main de Jésus qui nous rappelle qui nous sommes réellement, tous nos soucis disparaissent. Puisque le contenu de nos problèmes était la séparation d'avec l'amour, leur résolution réside dans notre "ré-union" avec l'amour. (Few Choose to Listen, p.108)


            Il est donc impératif pour les étudiants d'Un Cours en Miracles de reconnaître la distinction cruciale entre forme et contenu, comme nous l'avons abordé plus tôt au chapitre 2. De cette manière, ils ne vont pas tomber dans le piège de croire que le Saint Esprit agit dans le monde de la forme.  La courte histoire du Cours en Miracles dans le monde (22 ans) a déjà commencé à reproduire le schéma Judéo-Chrétien de presque 3 000 ans caractérisé par la croyance que certaines personnes sont spécialement choisies par Dieu pour faire un travail très important dans le monde, même si cela implique de commettre des assassinats, comme dans les Croisades et autres "guerres saintes".  Même si je ne connais pas d'étudiants du Cours qui tuent réellement d'autres personnes au nom d’Un Cours en Miracles, du moins pas pour l'instant, la dynamique de la particularité et du jugement déjà manifeste reflète assurément le désir de l'égo de tuer afin de préserver sa particularité. (Few Choose to Listen, p. 115, 116)


            Le Cours met toujours l'accent, si vous le lisez correctement, sur le défaire des interférences au niveau de l'esprit individuel de l'étudiant et non sur la forme [...]. C'est pourquoi, comme nous le verrons au chapitre six du livre, il n'y a absolument rien dans Un Cours en Miracles sur les groupes et les organisations. Ils sont totalement inutiles au curriculum du Cours et reflètent une projection anthropomorphique sur un Dieu Qui pense maintenant comme un ego dualiste, croyant en une union extérieure, amassant un nombre toujours plus grand d'étudiants et de disciples. (Few Choose to Listen, p. 116)


[…] Non seulement Jésus ne veut pas de martyrs, mais il ne veut pas non plus de missionnaires. Son amour dans nos esprits est le missionnaire qui s'exprime alors à travers nous. (Few Choose to Listen, p. 116)


            Tout le monde a ses illusions et ses besoins particuliers, la négation de la douleur causée par la culpabilité de leur particularité étant l'une des plus profondes. Plutôt que de regarder avec Jésus leur culpabilité - ne gardant "aucun sombre secret" à part de lui - les étudiants d'Un Cours en Miracles préfèrent souvent lui dire des mots merveilleux et spéciaux qu'il leur dira commodément par la suite. [Je n'ai pas réussi à bien traduire cette phrase.] Donc, pour conclure sur cette idée du chapitre, se concentrer sur l'écoute de Jésus et du Saint Esprit conduit à une désillusion douloureuse, parce qu'une telle pratique sous-estime énormément l'investissement réel et inconscient de la pensée de l'ego dans le système de pensée de la particularité. Le Cours met l'accent sur le défaire de l'ego et non sur l'écoute de la Voix du Saint Esprit. C'est cela qui le rend si unique dans le monde de la littérature spirituelle. (Few Choose to Listen, p. 117)

 


Chapitre 5

LE ROLE DE JESUS ET DU SAINT ESPRIT – II

 

            […] En se concentrant sur les problèmes spécifiques de son ego, Helen était virtuellement capable d'enterrer l'amour de son Soi. Le miracle de l'amour abstrait était alors sacrifié pour la magie de la demande de réponses spécifiques à ses questions spécifiques. Pour retourner à notre analogie précédente, au lieu d'accueillir par un réservoir presque infini la charge d'amour de Jésus, Helen lui présentait l'équivalent d'un petit dé à coudre, c'est-à-dire les besoins de son ego, afin qu'il ne remplisse que cela. Dans ce sens, encore une fois, l'amour de Jésus lui était rendu plus "gérable". […]
Toutes les questions concernant des choses spécifiques symbolisaient donc pour Helen la limitation qu'elle plaçait sur l'amour par la peur. Dans Un Cours en Miracles, Jésus conseille vivement à ses étudiants de reconnaître et de ne pas faire ce choix, car il y a alors un prix à payer quand on se concentre sur les choses spécifiques. Au début, aux premiers barreaux de l'échelle de la prière, la demande de choses spécifiques peut représenter notre tentative de se joindre à Jésus d'une façon acceptable afin de faire diminuer notre peur de s'unir à son amour. Cependant, la tentation est grande de se laisser séduire par la particularité des "réponses", évitant ainsi la véritable Réponse. (Few Choose to Listen, p. 126, 127)


            Ainsi, en demandant à Jésus de répondre à leurs questions, qui sont toujours spécifiques sous certains aspects, les étudiants apportent la vérité à l'illusion, plutôt que l'illusion à la vérité comme il leur est demandé à plusieurs reprises dans le Cours […]. (Few Choose to Listen, p. 128)


            […]Une partie du message spécial du 5 octobre 1975 destiné à Helen mérite d'être répété ici : 


Pour Dieu, toutes choses sont possibles, mais tu ne devrais demander Sa réponse que de Lui-même. Peut-être penses-tu faire ainsi, mais soit sûr que si tu le faisais tu serais maintenant calme et parfaitement intouché par quoique ce soit. N'essaie pas de deviner sa Volonté pour toi. N'assume pas que tu as raison parce qu'une réponse semble provenir de Lui. Soit sûr de demander et ensuite soit calme et laisse Le parler.

Cette mise en garde très importante contre le fait de croire que la voix intérieure est celle de Dieu simplement parce que l'on croit en faire l'expérience est soulignée par cette leçon d'humilité tirée du manuel pour enseignant et citée plus tôt : "Très peu sont ceux qui peuvent réellement entendre la Voix de Dieu." (M-12.3:3)  (Few Choose to Listen, p. 129)

            Je mets souvent en garde les étudiants d'Un Cours en Miracles contre de ce genre d'erreur, les conseillant vivement d'être méfiant de toute conseil spécifique qu'ils reçoivent, encore plus quand Jésus ou le Saint Esprit semble pressant et exigeant. L'amour est toujours patient puisqu'il n'a aucune idée du temps. […] (Few Choose to Listen, p. 130)


            Cela est la raison pour laquelle l'ego encourage toutes les tentatives des étudiants d'Un Cours en Miracles d'amener la lumière du Saint Esprit à l'obscurité, ce qu'ils font invariablement lorsqu'ils demandent à la lumière de Jésus de résoudre un problème - c'est-à-dire tout problème - qui est à l''extérieur de l'esprit. En séduisant ainsi les étudiants, l'ego est capable de conserver l'obscurité de sa culpabilité loin de la lumière du pardon qui existe seulement dans l'esprit. Entraîner Jésus dans le rêve qu'est le monde, faisant de lui celui qui résout tous nos problèmes, nous garde, littéralement et métaphoriquement, en dehors de nos esprits où il est réellement et où il ne peut qu'être. […] (Few Choose to Listen, p. 134)


            […] Jésus souhaite plutôt que ses étudiants développent la pratique de reconnaître que tous leurs problèmes, sans exception, viennent non seulement de leur séparation d’avec son amour et sa sagesse, mais aussi du fait de s'être joint à la place aux distorsions de l'amour et de la sagesse de leur égo, ce qui parodie la réalité. La forme particulière qui constitue le point d'attention des étudiants existe seulement pour cacher le contenu de la séparation, au sujet de laquelle ils se sentent si coupable, ainsi que pour garder l'amour de Jésus en dehors de leur conscience. (Few Choose to Listen, p. 135)

 

 

Chapitre 6

LES GROUPES : LA VERITABLE UNION PAR RAPPORT A LA FAUSSE  


            Ces étudiants du Cours en Miracles bien intentionnés ont ainsi mal compris les mots de Jésus. Se joindre à nos frères est une métaphore concernant la plus grande union des esprits, l'union extérieure étant dénué de sens et potentiellement destructive. […] (Few Choose to Listen, p. 139)

 

 

            Dans la haine particulière, les autres sont continuellement jugés par rapport à nous parce qu'ils ne sont pas aussi particuliers que nous le sommes. En effet, les groupes se définissent comme tels parce qu'ils se jugent différents des autres. Par exemple, l'affirmation "J'ai besoin d'un groupe à qui je peux parler" implique clairement qu'il y a "d'autres groupes qui ne me comprennent pas." De cette façon notre individualité est renforcée puisque la croyance en des différences y est importante. Ainsi la "filialité" est inévitablement envisagée comme étant séparée, [l'illusion de la séparation] étant le but secret de l'ego.

            Dans l'amour particulier, ceux qui ne connaissent pas pensent qu'ils entendent une Voix intérieure et particulière, c'est-à-dire la Voix pour Dieu, alors que tout ce qu'ils entendent n'est que la voix de l'ego qui parle uniquement en faveur de leur particularité. Cette erreur rappelle la particularité qui s'est faite passée pour la Chrétienté pendant deux mille ans. Comme cela a été évoqué plus tôt, alors que les chrétiens bien intentionnés se "rassemblaient" dans leurs Eglises particulières, ils continuaient à manifester la vague et parfois vicieuse projection de leur culpabilité inconsciente tout en pensant qu'ils étaient en train de suivre leur Seigneur de l'amour et Prince de la paix. Nous avons vu que lorsque la culpabilité est niée, elle doit être projetée à l'extérieur, donnant inévitablement naissance à un monde particulier du bien et du mal, du saint et du profane, de la victime et du bourreau. Pendant tout ce temps, le véritable Amour du Christ unifié est soigneusement dissimulé par le système de pensée de l'ego et par son monde.

            Pour résumer, cela ne peut jamais être trop dit que la véritable union, ainsi que le véritable objet de l'enseignement de Jésus dans Un Cours en miracles, est l'union avec lui ou avec le Saint Esprit dans nos esprits. […] (Few Choose to Listen, p. 139, 140)

    

            Cela ne veut certainement pas dire que les étudiants ne devraient ni se réunir en groupe et au cours d'évènements qui sont des expériences authentiques de pardon, ni que les gens ne devraient pas ressentir la présence de Jésus ou du Saint Esprit et que ces expériences abstraites et non particulières ne peuvent pas être traduite correctement par l'esprit de façon spécifique. L'expérience qu'a eu Helen avec Jésus et la rédaction d'Un Cours en Miracles atteste la légitimité de ce phénomène. Mais cela veut dire que l'ego peut très facilement s'immiscer dans ce qui autrement aurait été de valides expériences de pardon ou d'expérience avec Jésus et les transformer en quelque chose de particulier et d'important. Ils se rassemblent alors comme s'ils étaient un groupe à part entière, faisant partie d'une famille ou d'un réseau distinct, ce qui en quelque sorte fait du Cours quelque chose de spécial. Et cette distorsion, née de l'union de l'ego avec lui-même, a besoin d'être comprise et abordée, de peur de voir ses progrès spirituels déviés ou même avortés.

            L'erreur vient bien sûr du fait de manquer de reconnaître que ce qui unit réellement les gens en tant que famille, c'est leur Source commune qui est uniquement de l'esprit. […] (Few Choose to Listen, p. 145)


 

            Une autre forme de particularité dans la spiritualité qu'il nous faut aborder se situe au niveau du Cours en Miracles lui-même. Bien que le Cours en Miracles ne soit bien évidemment pas le premier système de pensée ayant exploré le problème métaphysique de la vérité et de l'illusion, c'est le premier à avoir intégré la psychologie et la spiritualité comme je l'ai évoqué dans ces deux livres. Néanmoins, c'est important de comprendre que  le fait que ce soit le seul ne rend finalement ni ses enseignements, ni ses étudiants meilleurs ou plus méritant des grâces du ciel que les autres. […] (Few Choose to Listen, p. 146, 147) 


            [...] Gloria et moi conseillons très souvent aux étudiants qui participent à nos séminaires que l'une des leçons les plus significatives qu'un étudiant du Cours en Miracles puisse recevoir, c'est d'apprendre comment être en désaccord avec les autres sans que cela soit une attaque. [...] C'est ridicule qu'un étudiant utilise le Cours en Miracles, clairement basé sur des principes de pardon et d'unité, comme une arme contre les autres étudiants, simplement parce qu'ils ont une interprétation et des pratiques différentes. (Few Choose to Listen, p. 147)

            Un dernier point concernant les groupes qui se forment autour d'Un Cours en Miracles : Le processus central de l'étude du Cours et de son sentier spirituel unique est individuel. Il n'est pas possible d'échapper au travail difficile lié à l'étude individuelle et répétée du texte et des exercices à faire pendant la période d'entraînement d'un an, cela étant partie intégrante du processus d'enseignement du Cours. […] (Few Choose to Listen, p. 150)

 

 

 

Chapitre 7

L’ERREUR ET L’EGO



            A cause de l'investissement de notre ego à maintenir notre croyance dans la réalité de l'illusion, il est difficile d'accepter l'entière implication de la déclaration de Jésus dans Un Cours en Miracles à propos du fait que Dieu n'a pas crée le monde. Cela implique de n'accorder aucune réalité à aucun aspect du monde physique et/ou psychologique (qui sont réellement les mêmes puisque le monde extérieur n'est que l'ombre du monde intérieur). Cela inclut les perceptions de la "douleur et de la perte ... de la maladie, de la peine, de la pauvreté, de la famine et ... de la mort" (W.-pl.187.6:4). Cela implique également de ne pas prêter d'efficacité à aucune des méthodes, traditionnelle comme non traditionnelle, qu'utilise le monde pour guérir ou soulager la douleur. Certaines pratiques du Nouvel Age qui consistent à visualiser la guérison, à envoyer de la lumière à des corps malades ou à des situations conflictuelles dans le monde tombent également dans le même piège, c'est-à-dire celui de rendre l'erreur réelle. Pourquoi envoyer de la lumière ou visualiser la guérison à moins de croire en premier lieu qu'il y a une réelle obscurité à l'extérieur de l'esprit et qu'elle a besoin d'être guérie? Comme je l'ai continuellement souligné, le seul problème c'est la noirceur de la culpabilité dans nos esprits qui croient que cette même noirceur est réelle à l'extérieur. Pour évoquer à nouveau cette leçon importante : " ... ne cherche pas à changer le monde, mais choisis de changer d'esprit sur le monde." (Few Choose to Listen, p. 155)


            […] Comme nous l'avons déjà observé, plusieurs autres chemins spirituels parlent du pardon, de l'importance du pouvoir de nos esprits et de la foi en un Dieu aimant et non punitif. Cependant, aucun d'entre eux ne présente ces idées dans le cadre alliant métaphysique et psychologie comme le fait Un Cours en Miracles. Combiner le Cours avec d'autres sentiers spirituels brouille son enseignement unique. […]
(Few Choose to Listen, p. 156, 157)


            La façon dont les étudiants ont rendu le corps réel se décline en trois catégories éthiques : l'ascétisme, le libertinage et le chemin du milieu qu'est la modération. Encore une fois, malgré l'enseignement complet et consistent du Cours au sujet de l'irréalité fondamentale du corps, beaucoup d'étudiants n'arrivent pas à éviter la vieille erreur gnostique qui rend le corps psychologiquement réel. Cela arrive lorsque le corps est vu comme étant un problème ayant besoin d'être traité à travers le développement d'une certaine norme éthique et comportementale. Abordons chacune des catégories et commençons par l'ascétisme.

            L'ascétisme est de loin la forme la plus courante dans laquelle tombent les étudiants d'Un Cours en Miracles. Les passages du Cours, déjà cités, qui évoquent notre investissement dans le corps ou décrivent notre expérience culpabilisante et effrayante concernant notre corps, sont extraits de leur contexte pour suggérer que le corps devrait être évité parce qu'il est pêcheur, mauvais et qu'il est le principal obstacle pour atteindre l'unité avec Dieu. La sexualité, la nourriture et l'argent sont sans surprise les expressions les plus largement utilisées de cette croyance que le corps ou la matérialité est le problème. De cette façon, le système de pensée qui nous était donné pour apprendre comment ne pas rendre l'erreur réelle ou encore comment ne pas prendre au sérieux le monde de l'ego devient un système prônant le fait que le corps doit être pris très au sérieux. Les étudiants du Cours sont ainsi fortement incités, entre autres, à être célibataire, mince ou végétarien, à ne pas boire de café, fumer des cigarettes, à ne pas gagner beaucoup d'argent et à ne pas faire payer pour des activités en rapport avec Un Cours en Miracles. Ici, la prémisse sous-jacente qui n'est pas toujours déclarée ou qui est même inconsciente est que la sexualité, certains aliments et l'argent sont intrinsèquement non spirituels. Dans un sens, cela est certainement vrai parce que tout ce qui se trouve dans le royaume physique est non spirituel, ce royaume ayant été fait, comme nous l'avons vu maintes fois, pour garder le spirituel en dehors de notre conscience et de notre mémoire. Cependant, isoler certaines fonctions corporelles ou certains aspects du monde matériel comme étant particulièrement non saint, c'est tomber dans le piège de la première loi du chaos; c'est-à-dire qu'il y a une hiérarchie dans les illusions (T-23.II.2), où certains aspects du monde illusoire sont considérés comme plus saints et meilleurs que d'autres. De telles différences servent gentiment le but de l'ego qui est d'établir ses "malcréations" comme réelles et les créations indifférenciées de Dieu comme non réelles." (Few Choose to Listen, p. 157, 158)


            Une autre façon de rendre l'erreur réelle se produit lorsque l'on se détache du monde qu'on perçoit comme mauvais et contaminant. Cette erreur qui consiste à dénigrer le monde physique s'exprime lorsque l'on professe son indifférence aux évènements du monde en évitant la radio, les nouvelles télévisées, les journaux ou les magasines. On se dit en effet: "Je ne devrais pas polluer mon esprit avec la négativité ou la violence du monde en permettant aux informations d'y entrer. Ce qu'il se passe autour de moi ne me concerne pas parce que c'est trop terrestre et non spirituel et cela pourrait de ce fait perturber ma pensée positive et ma paix d'esprit." De toute évidence, le salut ne dépend pas du fait de se tenir au courant des affaires du monde. Cependant, le sentiment de répulsion souvent présent dans un tel "détachement" donne l'avantage à l'ego parce qu'il nous a d'abord convaincu que le monde est réel par son côté négatif. L'ego nous offre alors sa propre solution, la séparation à travers la forme du détachement, à un problème qui a été établit comme méritant notre attention.

            Si l'on n'est vraiment pas intéressé par les informations du monde, qu'il en soit ainsi; le manque d'intérêt ne nécessite pas de justification. Si l'on sent une certaine aversion pour le monde ou le corps, qu'il en soit ainsi également; cette aversion ne nécessite pas de justification non plus. Ce qui est cependant nécessaire, c'est une absence de justification s'appuyant sur des "idéaux spirituels". Cette justification est le problème. C'est une aggravation du problème de départ car elle témoigne de la réalité de la séparation du monde [...]. Le sentiment d'aversion est une erreur, cela est certain, parce que l'on ne peut avoir de l'antipathie pour quelque chose qu'en l'ayant d'abord jugé comme étant réel. Cependant, la correction de l'erreur est empêchée en 1) prenant l'erreur au sérieux et en la considérant comme un pêché et en  2) justifiant sa défense à travers la projection et en élevant le sentiment d'aversion à un principe spirituel. C'est beaucoup plus sage et beaucoup plus sain d'accepter cette émotion négative sans émettre de jugement par soi-même. Ensuite, nous sommes capables d'apporter sa véritable cause, la peur, à l'amour du Saint Esprit. Ainsi, l'investissement négatif disparaît automatiquement comme le fait l'obscurité en présence de la lumière. (Few Choose to Listen, p. 158, 159)


            Enfin, il y a les étudiants qui prennent la position éthique de la modération en évitant l'erreur des extrêmes que sont l'ascétisme et le libertinage. Bien que la forme de ce chemin apparaisse cohérente avec ce qui est préconisé dans le Cours, le contenu sous-jacent qu'est la peur de tomber dans le piège de l'ascétisme ou du libertinage reflète que l'on a fait erreur en rendant le corps et l'attitude réels.

            [...] Cependant, comme cela a été abordé dans le Chapitre Sept de All Are Called, la moralité du Cours ne se situe pas au niveau du comportement, mais plutôt au niveau de l'attitude de l'esprit; c'est-à-dire ce qui nous pousse à agir, Dieu ou l'ego. (Few Choose to Listen, p. 160, 161)

            […] J'aime rappeler régulièrement à mes étudiants que bien que la leçon 49 du livre d'exercices dit que la Voix de Dieu nous parle tout au long de la journée et que cela est "tout à fait possible" de l'écouter, Jésus ne dit nulle part que l'on est en réalité en train de l'écouter. L'énorme investissement inconscient que notre esprit a à perpétuer le système de pensée de l'ego et la façon remarquable et ingénieuse par laquelle nous perpétuons le monde de la particularité que nous avons construit rend la Voix du pardon et de l'amour très, très difficile à entendre. […] (Few Choose to Listen, p. 162)

 

            De plus, plusieurs étudiants du Cours identifient inconsciemment le Saint Esprit avec l'ego. Par conséquent, ils refont subtilement l'erreur originale de remplacer Dieu par leur soi et excluent ainsi de leur conscience la véritable présence du Saint Esprit. Demander au Saint Esprit de résoudre nos problèmes extérieurs limite son rôle parce qu'il est alors défini par nos propres termes. Comme nous l'avons vu dans le Chapitre quatre, des telles requêtes présupposent que l'on comprend quels sont nos besoins sans avoir auparavant consulté la sagesse du royaume. [...]

Encore une fois, en croyant - par soi-même - que nous avons de réels problèmes extérieurs à nos esprits qui nécessitent des solutions que l'on détermine, nous tombons dans le piège de rendre l'erreur réelle.
            Finalement, nous pouvons constater que l'erreur dont nous avons discuté mène inévitablement à manque de discernement entre la voix de l'ego et la Voix pour Dieu [...]. De plus, même si l'on "entend" véritablement, c'est-à-dire que notre inspiration ne vient pas de la voix de la culpabilité, le message du Saint Esprit nous est souvent destiné personnellement car il est filtré par notre propre système de besoin. Le message en lui-même ne s'applique pas nécessairement au monde entier, encore moins à certains individus que l'on pourrait choisir pour être les seuls bénéficiaires de notre révélation spéciale. (Few Choose to Listen, p. 166)

            […] Le but prépondérant d’Un Cours en Miracles n'est pas seulement de nous enseigner que notre véritable identité est le Christ et non l'ego, mais aussi de nous aider à comprendre la structure de la défense massive que nous avons construit afin de nous protéger de cette vérité. Le Cours nous fournit ainsi le moyen de changer nos esprits et de choisir à nouveau. Trop insister sur la merveilleuse vérité à notre sujet court-circuite le processus du défaire en plaçant notre culpabilité sous la lourde couverture du déni. De cette façon, elle ne peut jamais être apportée à la vérité guérissante du pardon. Affirmer que le but principal de l'enseignement d'un Cours en Miracles est l'amour et l'unité, ce n'est pas seulement aller à l'encontre des propres mots du Cours, mais aussi de nous nier l'opportunité de guérison qu'il offre. A cet égard, comme nous l'avons abordé plus tôt, les étudiants du Cours en Miracles pourraient tomber dans le piège où de nombreux chercheurs spirituels sincères sont tombés en cachant la douleur de leur propre expérience derrière des apparences de bonheur, au bénéfice de personne et encore moins d'eux-mêmes. […] (Few Choose to Listen, p. 167)




ANNEXE

 


            […] La particularité, après tout, est un problème seulement quand elle est niée, ce qui mène inévitablement à la projection sur les autres. Il ne nous est pas demandé par Jésus dans son Cours d'être sans les limitations imposées par notre particularité, mais seulement d'échapper à cette terrible culpabilité que l'on place sur nous-mêmes, un fardeau qui est maintenu par notre refus obstiné de reconnaître le système de pensée que nous avons rendu réel en l'acceptant dans nos esprits. L'honnêteté envers nous-mêmes en ce qui concerne notre investissement dans la particularité est essentiel dans le processus du pardon parce que cela défait le déni et la projection, la double protection de l'ego qui protège sa culpabilité et ainsi sa propre existence. C’est pourquoi Jésus nous demande dans le texte :

 

« Surveille attentivement et vois ce que tu demandes réellement. Sois très honnête avec toi-même sur ce point, car nous ne devons rien nous cacher l’un à l’autre. […] Pense honnêtement à ce que tu as pensé que Dieu n’aurait pas pensé, et à ce que tu n’as pas pensé que Dieu voudrait que tu penses. Cherche sincèrement ce que tu as fait et n’as pas fait en conséquence, puis change d’esprit pour penser avec Celui de Dieu » (T-4.III.8:1-2 ; T-4.2:4-5).

 

(Few Choose to Listen, p. 180, 181)

            Nous pouvons ainsi voir que l'ego, qui ne se fait tromper par personne, réalise qu'il est préférable de se "joindre" à la vérité, plutôt que de s'y opposer. Il conseille à l'étudiant inexpérimenté d'apporter la vérité à l'illusion au lieu d'apporter l'illusion à la vérité comme le préconise le Cours à plusieurs reprises. Cela a pour conséquence que les étudiants, croyant honorer les enseignements de Jésus, changent en réalité la signification de ses mots pour leur faire dire ce qu'ils ont envie, plutôt que ce qu'ils disent vraiment. Et tout cela se passe sans que les étudiants aient conscience de la trahison de leur ego.(Few Choose to Listen, p. 185)

            Nier son attachement à la particularité, et ainsi son besoin de compromettre la vérité claire, directe et simple du Cours, est la conséquence d'avoir choisi de l'étudier à travers les lunettes du faux esprit. Cela est inévitable dès que l'on est dans le rêve que l'on appelle le monde et cela n'est certainement pas un pêché, de même que cela n'est pas inattendu. Cependant, c'est une erreur de ne pas reconnaître cette dynamique de la particularité et de ne pas l'apporter à Jésus, afin qu'ensemble, uni avec Lui, nous la regardions sans jugement et sans culpabilité afin de dissiper son apparente obscurité. (Few Choose to Listen, p. 186)


Nous conseillons donc vivement aux étudiants de ce Cours de reconnaître que c'est un chemin spirituel très difficile précisément parce qu'il est si simple, claire et en directe opposition au système de pensée de l'ego. Nous disons donc pour conclure: Respectez votre peur d'Un Cours en Miracles qui est une menace directe à votre particularité et ne niez pas les illusions que vous avez faites et que vous chérissez comme substitut à la vérité resplendissante de Dieu.
(Few Choose to Listen, p. 189)

 

 

Traduction libre par Mathieu

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Mathieu - dans Kenneth Wapnick
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Un Cours en Miracles
  • : C'est un blog destiné à l'étude du livre: "Un Cours en Miracles".
  • Contact

Sommaire

Vous trouverez sur ce blog :

 

 

Des passages traduits de plusieurs livres de Kenneth Wapnick:
 
Les deux premiers chapitres du livre de Kenneth Wapnick:
 
Des extraits des deux premiers livres de Gary Renard concernant le véritable pardon:
 
La traduction d'un article de Mickael Dawson:
 
Des prières de pardon:
.
Mes réflexions, principalement inspirées du Cours :